Les litiges pourraient coûter 100 milliards de dollars aux banques européennes
La facture pourrait bientôt atteindre la moitié de celle de la crise des subprimes. Les litiges pourraient coûter 104 milliards de dollars (76 milliards d’euros) avant impôt aux principales banques européennes, selon une étude publiée hier par Credit Suisse. Ses analystes ont multiplié par deux leurs prévisions de février 2013, qui chiffraient à 58 milliards de dollars les amendes relatives aux manipulations du Libor et autres délits. Une inflation liée à l’intérêt croissant pour les «manipulations de marché» et à la «ligne plus dure adoptée par les régulateurs».
Sur le total de 104 milliards, 37,2 milliards de dollars ont déjà été versés. Pour les 66 milliards restants, 27,5 milliards ont été provisionnés, mais 38,8 milliards supplémentaires devraient être inscrits dans les comptes des établissements européens, selon Credit Suisse. Cette inflation est liée aux sanctions attendues dans les dossiers liés aux indices (Libor, matières premières…) et surtout au marché des changes. Elles passeraient de 4 à 19 milliards de dollars, loin des 2,4 milliards acquittés en 2013. Le Crédit Agricole et HSBC ont ainsi été récemment formellement mis en cause par Bruxelles pour manipulation présumée de l’Euribor.
De même, les activités menées avec des pays sous embargo américain pourraient entraîner 7,2 milliards de dollars de sanctions additionnelles, contre 2,1 milliards auparavant. Credit Suisse chiffre à 3,5 milliards de dollars le coût de ce dossier pour BNP Paribas, loin des 10 milliards évoqués ces derniers jours. Alors que François Hollande a réclamé hier un règlement «proportionné» du contentieux, Standard & Poor’s a placé la note de la banque sous surveillance négative.
Signe de l’inquiétude, les tests de résistance de l’Union européenne devraient prendre en compte les amendes que certains établissements sont susceptibles de devoir payer, a déclaré hier le président de l’Autorité bancaire européenne. Si Credit Suisse estime que les banques peuvent absorber les sanctions, les britanniques Barclays et RBS afficheraient la solvabilité la plus basse du panel à fin 2014, avec un ratio de fonds propres durs Bâle 3 de 8% et 8,3%, une fois retraité du coût des litiges et des risques opérationnels. Julius Baer et UBS connaîtraient la plus forte baisse, avec un core Tier one estimé en recul de 4 et 2,5 points, à 9,8% et 11,5%.
L’étude ne cite pas Credit Suisse, en première ligne lors sa récente amende de 2,8 milliards aux Etats-Unis, pour aide à l’évasion fiscale.
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