Les investissements dans les sociétés utilisant des Ocabsa sont à haut risque
En juillet 2020 puis en novembre 2021, l’AMF a alerté les émetteurs et les investisseurs sur les risques associés au financement par émission d’Obligations convertibles en actions avec bons de souscription d’actions (Ocabsa), par des Programmes d’augmentation de capital par exercice d’options (Paceo) ou via des equity linesparticulières. Ces instruments sont hautement dilutifs et engendrent souvent une pression baissière sur le cours. Aussi, le régulateur a réitéré ses mises en garde en fin de semaine dernière, à l’occasion de la publication du bilan du parcours boursier de 69 sociétés ayant eu recours à ces financements.
Les résultats sont édifiants. Entre la première opération de financement dilutif et la fin 2021, 83% des sociétés ont vu leur cours chuter, en moyenne de 72%, et même de plus de 80% pour 40% de l’échantillon. Seules 17% des sociétés ont enregistré une progression de leur cours de Bourse (de +0,5% à +826%), dont plus de 100% pour 7% de l’échantillon.
Généralement, les sociétés ayant le plus dévissé ont non seulement multiplié les opérations dilutives, les contreparties et les instruments financiers différents, mais aussi les regroupements d’actions et la réduction de la valeur du nominal.
Rincés par ces opérations, les particuliers se plaignent auprès de l’AMF. Plus de 250 réclamations en 2021 (+232% sur un an) et déjà plus de 200 cette année.
Forte de ces constats, l’AMF invite les émetteurs et leurs mandataires sociaux à être particulièrement vigilants avant de recourir à ce type de financement et rappelle la responsabilité qui leur incombe dans le choix et la mise en œuvre de ces instruments. Le gendarme boursier ajoute que les augmentations de capital au profit de catégories de personnes ou d’investisseurs « ne doivent pas avoir pour objet d’éluder les dispositions applicables aux augmentations de capital à une ou plusieurs personnes nommément désignées ».
En outre, l’AMF rappelle aux émetteurs leurs obligations de bonne information du marché, notamment sur le « caractère potentiellement hautement dilutif » de ces instruments, et sur leur situation opérationnelle et financière. De leur côté, les actionnaires doivent veiller aux résolutions accordant délégation de compétence au conseil, notamment quand leur droit préférentiel de souscription est supprimé. Enfin, l’AMF invite les épargnants à une particulière vigilance avant d’investir dans les sociétés utilisant ces outils de financement dilutifs.
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