Les Ocabsa commencent à se faire un nom sur le marché
Après les Obsaar, les Ornane ou les Odirnane, un nouvel acronyme est en train de faire son apparition dans l’univers des solutions de financement des entreprises: les Ocabsa, pour obligations convertibles en actions ordinaires nouvelles assorties de bons de souscription d’action. Alors que s’achevait hier la période de souscription de l’opération lancée par la société d’équipements de raccordement pour les groupes de réseaux (électricité, gaz, eau, télécoms) Mecelec, le fabricant de drones Delta Drone a annoncé hier soir avoir levé 5 millions d’euros auxquels pourront s’ajouter 5 millions supplémentaires en cas d’exercice des BSA.
Cette opération a été élaborée par Delta Drone dans le courant de l’automne alors que le projet d’augmentation de capital lancé par la société en août avait échoué.
Les Ocabsa Delta Drone ont été achetées par des fonds d’investissement gérés par la société américaine Yorkville Advisors. «Le placement de ce type de financement n’est pas évident. Nos opérations sont donc pré-placées auprès d’investisseurs américains qui souhaitent investir sur des small caps françaises et qui ont l’habitude depuis plusieurs années de ce type de produits», explique Didier Duhem, fondateur et PDG d’Europe Offering, qui a conseillé Delta Drone. L’intermédiaire avait également placé des Ocabsa pour la société de biotechnologies Diaxonhit au premier semestre 2014.
Pour les small-caps cotées sur Alternext, les Ocabsa présentent l’avantage de ne pas nécessiter de produire un prospectus visé par l’Autorité des marchés financiers. Ce marché accorde en effet plusieurs mesures d’exceptions. Pour Diaxonhit, la valeur nominale unitaire des Ocabsa avait ainsi été fixée à 108.000 euros, au-dessus du seuil de 100.000 euros à partir duquel l’offre de titres ne donne pas lieu à la publication d’un prospectus, l’AMF estimant qu’à partir de ce montant les investisseurs sont par nature avertis. Pour l’émetteur, malgré la composante obligataire, l’Ocabsa n’engage pas de sortie de cash. «Le coupon est apparent car dans ce type de montage les obligations ont vocation à être rapidement converties en actions nouvelles», indique Didier Duhem. Le coût de l’opération est donc supporté par les actionnaires.
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