Les incidences du premier test climatique des banques resteront limitées
La chaleur monte, mais pas trop. La Banque centrale européenne a lancé mercredi son test de résistance prudentiel sur le risque climatique pour les banques. Ce nouveau test, dont les principales caractéristiques avaient été publiées au mois d’octobre 2021, alimentera son processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (Srep, pour Supervisory Review and Evaluation Process). Les banques soumettront leurs données à partir du mois de mars 2022 pour une publication des résultats agrégés en juillet 2022.
De manière formelle, il pourrait avoir une incidence sur les exigences de fonds propres des établissements. Le Srep sert en effet à déterminer, banque par banque, le niveau de fonds propres à détenir en plus des exigences prudentielles de base pour faire face à des situations de crise. Mais l’impact de ces stress tests ne sera qu’indirect et très dilué. Les résultats seront pris en compte de manière seulement qualitative et ne constitueront qu’un critère parmi d’autres pour mesurer les risques spécifiques auxquels les institutions sont exposées. Si ce test de résistance peut influer sur le Srep, la BCE précise bien «qu’il ne s’agit pas d’un exercice de réussite ou d'échec, et qu’il n’a pas non plus d’implications directes sur les niveaux de capital des banques».
Apprentissage
Cet examen constitue donc bien, comme l’indique la BCE, «un exercice d’apprentissage pour les banques et les superviseurs». Il ne s’applique pas aux bilans globaux des banques et cible uniquement les classes d’actifs exposées aux risques climatiques. Les sociétés utiliseront des scénarios macroéconomiques et financiers fournis par la BCE qui «évaluent les risques physiques, tels que la chaleur, les sécheresses et les inondations, et les risques à court et à long terme découlant de la transition vers une économie plus verte», explique la banque centrale.
Même si ce n’est qu’un galop d’essai, les résultats de ces stress tests seront tout de même surveillés. Lors d’une première évaluation menée par la BCE fin 2021 sur la manière dont les banques européennes ajustent leurs pratiques pour gérer les risques climatiques et environnementaux, aucun des 122 groupes examinés n’avait répondu aux attentes prudentielles de l’institution sur ce sujet.
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