Les grandes banques américaines sous le joug d’un strict ratio de levier

Les établissements devront lever 68 milliards de dollars d’ici à 2018 à la suite du vote de la règle finale hier par les régulateurs
Benoît Menou

Les régulateurs américains du secteur financier ont comme promis voté hier la mise en œuvre, effective en 2018, de règles imposant aux huit principales banques du pays un ratio de levier, rapport des fonds propres sur le total des actifs, plus strict. La nouvelle réglementation établit ce ratio à 6% pour les géants bancaires, et un ratio de 5% pour leurs holdings.

Les établissements concernés, en l’occurrence Citigroup, JPMorgan, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of new York Mellon et State Street, seront ainsi contraints de détenir des fonds propres représentant au moins 6% du total de leurs actifs, soit le double du seuil requis dans le cadre des dispositions imposées aux banques dans l’accord international de Bâle 3. De quoi susciter la critique du secteur bancaire américain, qui se désole de devoir subir des règles plus strictes que ses concurrents internationaux, qui bénéficient de fait d’un avantage compétitif.

L’instauration de la réglementation, initialement proposée au mois de juillet dernier, a été validée par un vote au sein de chacun des régulateurs, à savoir le fonds de garantie des dépôts bancaires (FDIC), la Réserve fédérale et l’Office du contrôleur de la monnaie.

Ce nouveau boulet réglementaire pour les banques correspond à la nécessité pour elles selon les régulateurs de lever d’ici à 2018 quelque 68 milliards de dollars. BNY Mellon et Morgan Stanley «ont encore le plus long chemin à parcourir», selon Brian Kleinhanzl, analyste de Keefe, Bruyette & Woods. Présidente de la Fed, Janet Yellen a assuré que «cette règle est une portion importante des nouveaux standards de gestion prudentielle des grandes banques américaines d’importance systémique, destinée à réduire la probabilité d’une faillite». Un sentiment partagé par le président de la FDIC, Martin Grünberg, pour qui le vote d’hier «pourrait bien être l’étape la plus importante que nous ayons franchie pour réduire le risque systémique posé par ces groupes bancaires imposants et complexes».

Le président de la Réserve fédérale de Philadelphie, Charles Plosser, a par ailleurs invité les régulateurs à se montrer «plus proactifs» dans la publication des informations qu’ils obtiennent de la part des banques. Il a ainsi salué la décision de la banque centrale de rendre publics les résultats de ses tests de résistance.

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