Les Etats-Unis se dirigent vers un taux de chômage historique
Les Etats-Unis ont détruit 701.000 emplois nets en mars, en raison des mesures de restriction adoptées pour lutter contre la propagation du coronavirus dans le pays, a annoncé vendredi le département américain du Travail.
L'économie américaine, qui avait créé 275.000 postes en février, a ainsi détruit des emplois pour la première fois depuis l’année 2010.
Les économistes interrogés par le Wall Street Journal s’attendaient à la destruction de 10.000 emplois nets aux Etats-Unis en mars. Cependant, les prévisions étaient extrêmement divergentes, allant de la création de 312.000 emplois à la destruction de 1,25 million d’emplois.
Le nombre de postes créés en février avait initialement été estimé à 273.000.
Le mois dernier, le taux de chômage dans le pays a bondi à 4,4%, contre 3,5% en février. Il s’agit de la plus forte hausse de ce taux en un mois depuis janvier 1975, a souligné le département du Travail. Les économistes anticipaient en moyenne une hausse du taux de chômage à 3,7% le mois dernier. Les prévisions s'étalaient de 3,5% à plus de 5%.
Selon le ministère, le nombre de personnes sans emploi a augmenté de 1,4 million en mars, à 7,1 millions au total. « La forte augmentation de ces mesures reflète les effets du coronavirus et les efforts déployés pour le contenir », a-t-il précisé.
« L’emploi dans le secteur des loisirs et de l’hôtellerie a diminué de 459.000, principalement dans les services de restauration et les débits de boissons. Des baisses notables ont également été enregistrées dans les soins de santé et l’assistance sociale, les services professionnels et commerciaux, le commerce de détail et la construction », a indiqué le département du Travail.
Licenciements en masse pendant la deuxième quinzaine de mars
Alors que les demandes hebdomadaires d’allocation chômage ont bondi au cours de la deuxième quinzaine de mars aux Etats-Unis, le rapport mensuel du département du Travail ne reflète pas pleinement la dégradation du marché du travail provoquée par une crise sanitaire qui s’aggrave de jour en jour. En effet, le gouvernement américain utilise des méthodes différentes pour compiler les données sur lesquelles se basent ces deux indicateurs.
Si les chiffres mensuels de l’emploi présentent une vision plus globale du marché du travail que les demandes hebdomadaires d’allocation chômage, les enquêtes réalisées pour ce rapport ont été menées avant que l’impact de la pandémie se généralise à l’ensemble de l'économie américaine. Le taux de chômage a notamment été déterminé à partir d’une enquête auprès des ménages concernant la semaine du 8 au 14 mars, soit avant les mesures de confinement mises en oeuvre par de nombreuses villes.
Il faudra donc attendre le rapport d’avril, qui sera publié le 8 mai, pour déterminer avec plus de précisions les répercussions de la pandémie sur le marché du travail aux Etats-Unis. Certains économistes estiment que plus de 20 millions d’emplois pourraient être détruits et que le taux de chômage pourrait atteindre un point haut historique.
Oxford Economics anticipe ainsi que 27,9 millions d’emplois seront détruits aux Etats-Unis d’ici au mois de mai et que le taux de chômage pourrait atteindre 16%, effaçant ainsi toutes les créations d’emplois enregistrées entre octobre 2010 et février 2020.
Le taux de chômage mensuel le plus élevé jamais enregistré depuis la création du rapport sur l’emploi en 1948 est de 10,8%. Ce niveau a été atteint fin 1982, pendant la profonde récession qui a marqué la présidence de Ronald Reagan.
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