Les effectifs des banques françaises diminuent
L’année 2012 marque un tournant: pour la première fois, le taux d’embauche dans la banque a reculé de manière significative», constate Ariane Obolensky, directrice générale de l’Association française des banques (AFB), le syndicat patronal des établissements commerciaux. Selon l’étude sur l’emploi dans le secteur, qui inclut les réseaux mutualistes (non membres de l’AFB), le taux d’embauche (c’est-à-dire le nombre d’embauches rapporté au nombre total de salariés) est passé de 8,8% en 2011 à 5,7% en 2012.
Etant donné que le taux de départ est resté quant à lui à peu près stable (à 7,8%), l’effectif global a reculé de 1,6%. Fin 2012, plus de 370.000 personnes travaillaient dans la profession bancaire dans son ensemble, selon les estimations de la Fédération bancaire française (FBF), dont l’AFB est membre et qui comprend les différentes familles d’acteurs de la banque. «Nous n’attendons pas à ce que le taux d’embauche remonte en 2013», ajoute Ariane Obolensky.
En témoigne la mise en résolution ordonnée du Crédit Immobilier de France (CIF), dont les dirigeants passaient en audition hier devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Cette résolution amènerait à supprimer immédiatement entre 1.300 et 1.400 postes – soit l’un des plus importants plans sociaux de 2013.
Plusieurs tendances expliquent l’évolution générale, mais elles jouent de manière différenciée dans le temps. En dehors de l’incidence du ralentissement économique sur l’activité générale du secteur, la modification «phénoménale» du cadre réglementaire a fortement pesé sur l’emploi dans les activités de banque de financement et d’investissement (BFI). Le recul du taux d’embauche en 2012 est principalement le fait de la BFI, qui a subi une réduction d’effectifs de 5%, dont 10% dans les activités de front office (-20% chez les traders par exemple).
L’AFB pointe également l’évolution des comportements de la clientèle dans les réseaux, dont la fréquentation recule inexorablement face à la multiplication de banques en ligne. L’association note également la préférence marquée pour des contacts moins fréquents mais plus qualitatifs, qui implique un recours plus important aux conseillers au détriment des personnels d’accueil.
La plupart des grandes banques ne cachent plus la nécessité de redimensionner leurs réseaux. Mais cette tendance devrait produire son effet avec une certaine inertie, la banque de détail représentant 70% des salariés du secteur.
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