Les économies avancées freinent le marché mondial des primes d’assurance
La croissance des primes d’assurance s’essouffle, à l’échelle mondiale. Celles-ci ont progressé de 1,5% en 2017, à près de 5.000 milliards de dollars (4.289 milliards d’euros), après une hausse de 2,2% en 2016, selon l’étude Sigma publiée hier par le Swiss Re Institute. Dans le détail, les primes d’assurance vie ont augmenté de 0,5%, à environ 2.700 milliards de dollars (2.316 milliards d’euros), et les primes dans le secteur non-vie ont crû de 2,8%, à quelque 2.200 milliards de dollars (1.887 milliards d’euros). «La croissance a marqué le pas dans le secteur vie, comme dans le secteur non-vie», précise le rapport.
Le ralentissement du marché mondial des primes d’assurance tient essentiellement à la baisse de 2,7% des primes d’assurance vie dans les économies dites avancées, comme l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. En Amérique du Nord, elles ont même fléchi de 3,5% en 2017, notamment en raison du retrait de certains acteurs du marché de l’épargne retraite. «Le secteur vie dans les marchés avancés n’a pas réussi à se relever de la crise financière de 2008», souligne le rapport Sigma, pointant également du doigt la stagnation des salaires, la faiblessedes taux d’intérêt et les nouveaux régimes de solvabilité, qui «ont rendu les produits d’épargne traditionnels avec taux d’intérêt garantis peu attrayants tant pour les consommateurs que pour les assureurs vie».
Si le Swiss Re Institute mise néanmoins sur une hausse des primes d’assurance vie dans le monde au cours des prochaines années, c’est en raison du dynamisme des marchés émergents, où elles ont bondi de 14% l’an dernier. La seule Chine représente «plus de la moitié» des primes d’assurance vie émises dans les pays émergents, et 11% du total mondial, selon l’étude. Qui rappelle que, depuis la crise financière, «l’Asie émergente, Chine en tête, est devenue la première source de croissance des marchés mondiaux de l’assurance», en raison du faible niveau de pénétration de l’assurance et de l’augmentation des revenus des ménages dans ces pays.
Les chiffres sont éloquents : l’Asie pesait l’an dernier 22% dans le marché mondial des primes d’assurance, contre 5% en 1960. Selon Jérôme Haegeli, économiste en chef chez Swiss Re, le centre de gravité des marchés de l’assurance dans le monde, qui s’est déplacé de l’Europe et de l’Amérique du Nord vers l’Asie depuis une soixante d’années, devrait basculer un peu plus vers la Chine, au cours de la prochaine décennie.
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