Les difficultés s’accumulent pour deux néobanques britanniques
Coup de froid sur les banques «challenger» en Grande-Bretagne. Clysdesdale and Yorkshire Bank (CYBG), la plus importante d’entre elles, ayant racheté Virgin Money l’année dernière, vient d’annoncer la suppression de 300 postes redondants entre les deux structures. Elle a prévu la fermeture prochaine de bureaux à Édimbourg, Norwich et Leeds. Les métiers du marketing, des risques et des crédits seront également touchés. Même si la banque affirme que l’intégration de Virgin Money «se passe bien», le marché a assez peu apprécié la nouvelle, le cours de CYBG perdant 3,22% mardi. Depuis le début de l’année, CYBG abandonne 35,24%.
Pendant cette même séance, le titre Metro Bank, bien plus atteint, a perdu 35,8%, touchant un plus bas historique, et en baisse de 90% depuis le début de l’année. La raison de cette nouvelle chute spectaculaire : l’annonce, par la banque, du retrait d’un financement obligataire de dette senior non préférée (senior non-preferred bond, SNP). La structure cherchait à lever entre 200 et 250 millions de livres, mais faute d’avoir pu convaincre assez d’investisseurs, elle a finalement dû repousser son émission, évoquant les «conditions de marché». Et ce alors même qu’elle offrait un taux de 7,5%, bien au-dessus de ceux proposés pour des titres équivalents. Cet épisode se révèle particulièrement dommageable pour Metro Bank car cette émission devait lui permettre de répondre aux impératifs réglementaires requis par le dispositif d’exigence minimale de fonds propres et passifs exigibles (minimum ratio of eligible liabilities, MREL).
Après l'échec de cette émission obligataire, certains analystes mettent en doute la capacité de la banque de retourner sur les marchés rapidement. Elle pourrait donc devoir procéder à la vente de portefeuilles d’actifs – comme cela a déjà été le cas au printemps avec la vente d’un portefeuille de prêts hypothécaires d’une valeur de 521 millions de livres (592 millions d’euros) au fonds américain Cerberus - pour pouvoir libérer du capital.
Metro Bank est prise dans la tourmente depuis le mois de janvier. Elle avait alors révélé avoir sous-estimé de 900 millions de livres (1,015 milliard d’euros) ses actifs pondérés du risque (RWA). Cela l’avait déjà contrainte à une augmentation de capital de 375 millions de livres (425,3 millions d’euros) en mai.
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