Les difficultés de financement font plier les banques espagnoles
La situation du tissu bancaire espagnol apparait de plus en plus tendue. Après la fusion de Caja España-Duero avec Unicaja annoncée lundi, ce sont trois nouvelles caisses d’épargne espagnoles qui ont annoncé hier leur intention de fusionner. Les caisses d’épargne basques BBK, Kutxa et Vital ont entamé un processus d’intégration qui aboutira au transfert de leur activité financière à une nouvelle banque créée en commun, et dont elles seront actionnaires. Leur union constituera le sixième groupe du secteur avec près de 80 milliards d’euros d’actifs. BBK, Kutxa et Vital ne faisaient pourtant pas partie des 12 entités financières ayant besoin de capitaux supplémentaires pour répondre aux nouvelles exigences, selon la liste diffusée le 10 mars par la Banque d’Espagne.
Sous la pression de la banque centrale qui a relevé le niveau des fonds propres requis à 8% pour le ratio core tier one pour les banques cotées et 10% pour les autres, les caisses d’épargne sont engagées dans une course contre-la-montre pour assainir leurs bilans et améliorer leur solvabilité. En effet, sur les 45 caisses ou unions de caisses qui existaient encore début 2010, il n’en reste aujourd’hui plus que 14.
Alors que les autorités de la province de Galice ont annoncé que l’union des caisses, Novacaixagalicia, aurait besoin de faire appel au Fonds de restructuration du secteur bancaire espagnol (Frob), le Wall Street Journal indique aujourd’hui que Banco Base, la troisième banque de dépôt du pays comprenant Caja Mediterráneo et Cajastur, prendrait le même chemin. Banco Base, qui a besoin de lever 1,44 milliard d’euros pour satisfaire aux exigences de fonds propres, aurait renoncé à son projet d’IPO du fait d’un faible écho de la part des investisseurs et de conditions de marché difficiles. Soulignant les difficultés de financement rencontrées par les Cajas, Bank of America estime dans une étude que ce sont 44 milliards et 55 milliards d’euros de dettes qui arriveront à maturité respectivement en 2011 et 2012. Le secteur compte sur ses 132 milliards d’euros d’actifs comme garantie auprès de la BCE pour obtenir la liquidité nécessaire et faire face à ses échéances de 2011.
Pour ne pas arranger les choses, le journal Expansion affirme que Moody’s devrait procéder à une dégradation «massive» des notes des banques espagnoles. La décision devrait être annoncée dès aujourd’hui.
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