Les comptes des banques privées suisses sont attendus avec impatience

Pour la première fois de leur existence, Pictet et Lombard Odier donneront cette semaine des éléments comptables et financiers
Antoine Landrot
Photo Bloomberg
Photo Bloomberg  - 

Le monde de la finance suisse se prépare à vivre un événement inédit: les banques privées Pictet, fondée en 1805, et Lombard Odier, fondée en 1796, vont rendre publics leurs comptes. La première sort du bois aujourd’hui et la seconde jeudi. Etablissement plus petit, Mirabaud, créé en 1819, doit également faire de même, à une date non précisée.

Cette nouvelle obligation est liée à la modification de leur statut juridique, effectif depuis le début de l’année: de sociétés en commandite simple (ou unlimited liability partnership), elles ont évolué en sociétés en commandite par actions (corporate partnership). Ces décisions avaient été annoncées en février 2013 (juillet 2013 pour Mirabaud) et justifiées par la nécessité de s’adapter à leur développement international et aux mutations réglementaires en cours.

La montée du risque juridique –comme en témoigne les sanctions infligées à certaines banques suisses et les accords passés sous contrainte avec les Etats-Unis – favorise les structures juridiques limitant la responsabilité personnelle directe des associés.

Concrètement, ce sont désormais les sociétés des trois banques –et non plus leurs associés– qui sont juridiquement responsables de leurs activités. Or, ce changement rend obligatoire la publication d’éléments financiers relatifs à leur compte de résultat, leur bilan et de leurs risques principaux. Mais n’étant pas cotées, Pictet, Lombard Odier ou Mirabaud ne sont pas tenues d’entrer dans le même niveau de détail que les établissements introduits en Bourse.

La seule information rendue publique jusqu’à présent concernait leurs actifs sous gestion. Pictet gérait 404 milliards de francs suisses (332 milliards d’euros) au 30 juin 2014, tandis que Lombard Odier affichait 188 milliards de francs début 2013. Mirabaud gérait 26 milliards de francs fin 2013.

En dehors des chiffres bruts, la publication des résultats permettra de prendre la mesure de la stratégie de ces établissements; en particulier de mesurer le degré de la diversification entamée par Pictet et Lombard Odier au-delà de leur activité historique, orientée vers la gestion de patrimoine d’une clientèle privée.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...