Les candidats au rachat d’Emporiki se manifestent
Après être sorti du courtage actions en cédant Cheuvreux et CLSA, Crédit Agricole SA s’attaque à son «sujet majeur», selon le mot de son directeur général Jean-Paul Chifflet: le dossier Emporiki. La cession de la filiale grecque à un acteur local fait désormais partie des options à l’étude, mais sa réalisation est suspendue à la recapitalisation du secteur et aux discussions entre Athènes et ses bailleurs de fonds internationaux.
Début juillet, National Bank of Greece avait fait état de discussions «à un stade précoce». Hier, c’est Eurobank Ergasias qui a officialisé son intérêt pour Emporiki, par la voix de son directeur général Michalis Colakides. Ce dernier a indiqué à Bloomberg que son établissement, et d’autres prétendants potentiels, avaient procédé à des «due diligences» et qu’ils pourraient être invités dans les prochains jours à formuler des offres. La valorisation de la filiale du Crédit Agricole dépendra de la quantité de capital dont le prêteur aura besoin.
Les contraintes de fonds propres pèsent aussi sur les acquéreurs. Toute offre sur Emporiki devrait ainsi faire partie du plan de recapitalisation des banques grecques. Ce dernier dépend du suivi par Athènes de ses engagements vis-à-vis de la troïka UE-BCE-FMI (lire aussi page 2). Dans le cadre du deuxième plan d’aide au pays, 48 milliards d’euros ont été fléchés vers le HFSF, le fonds hellénique de restructuration du secteur bancaire, chargé de renflouer les banques locales. L’échéance pour la recapitalisation a été fixée à septembre, un objectif «irréaliste», a estimé hier Michalis Colakides.
CASA ne fait pas de commentaires. Mais le groupe a indiqué mi-mai réfléchir à toutes les hypothèses. Cession d’Emporiki, fermeture pure et simple, gestion en extinction des encours actuels, rien n’est écarté à ce stade, et les discussions vont bon train avec toutes les parties.
Le dossier risque encore de coûter quelques milliards au groupe, d’où le parcours boursier du titre CASA (-30% en 2012), qui traite à moins de 0,4 fois la valeur comptable. Les analystes de Kepler évaluent à 4 milliards d’euros le coût d’une sortie éventuelle de Grèce pour la banque verte. Chez Oddo, le scénario d’une liquidation consécutive à une sortie de l’euro est chiffré à 5 milliards d’euros. Alors qu’un maintien dans le pays coûterait au Crédit Agricole 2,5 milliards d’ici de pertes cumulées d’ici à 2014.
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