Les bonus de Wall Street sont au plus haut depuis l’avant-crise
Outre-Atlantique, les banquiers et assureurs peuvent se réjouir : à Wall Street, la rémunération variable moyenne par employé se rapproche de son niveau de 2006, selon l’estimation du bureau du Comptroller de l’Etat de New York publiée lundi 26 mars. Après avoir augmenté de 15% en 2016, celle-ci a bondit à nouveau de 17% l’année dernière pour atteindre 184.220 dollars. Le niveau de 2006 de 191.360 de dollars reste néanmoins, pour le moment, inégalé. L’enveloppe totale des bonus, elle, s’est élevée à 31,4 milliards de dollars.
Cette hausse des rémunérations variables reflète la vitalité du secteur. Les bénéfices avant impôts des courtiers (brokers dealers) membres du New York Stock Exchange ont augmenté de 42% en 2017 après avoir déjà crû de 21% en 2016. Ils s’élèvent à 24,5 milliards de dollars, soutenus par un chiffre d’affaire en croissance de 4,5% (153 milliards de dollars en 2017).
20% des rémunérations versées à New York
Pour le Comptroller Thomas Di Napoli, sorte d’inspecteur fiscal de l’Etat de New York, la meilleure rentabilité enregistrée cette année «prouve que le secteur peut prospérer malgré les régulations et les normes de protection des consommateurs adoptées après la crise financière. Il est trop tôt pour dire comment la volatilité des marchés financiers pourrait perturber les bénéfices de 2018». En 2015 déjà, la volatilité avait fait plonger les revenus du trading et des activités d’émission.
Par ailleurs, le dynamisme des activités de marché est une aubaine pour l’Etat de New York et la municipalité. Il pèse pour 18% du total des impôts prélevés par l’Etat fédéré, et pour 6% de celui de la ville. L’industrie financière est clé pour l’économie de la ville. Si le secteur regroupe moins de 5% des emplois de New York, soit 176.900 actifs, se rapprochant du niveau de 2008 (188.400 actifs), il concentre 20% des salaires. Selon Thomas Di Napoli, un emploi sur dix serait lié directement ou indirectement à Wall Street, où le salaire moyen est cinq fois plus important que celui du reste du secteur privé.
La croissance des bonus ne se reflète pas forcément dans ceux des dirigeants. Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs sur le départ, a perçu un bonus en baisse de 44,4%.
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