Les BFI poursuivent leurs réductions d’effectifs en fixed income
Un vent de pessimisme souffle sur les activités de taux, change et matières premières. Dans les grandes banques de financement et d’investissement (BFI), les métiers de fixed income ont de nouveau signé de piètres performances au premier trimestre, avec à la clé des suppressions de postes additionnelles. Chez Goldman Sachs, 10% des effectifs de fixed income devraient être touchés cette année, annonçait le Wall Street Journal jeudi dernier. Soit le double du turn-over habituel. Il faut dire qu’à fin mars, la firme de Wall Street accuse une chute de 47% sur un an de ses revenus dans le trading d’obligations, de devises et de matières premières. A l’échelle des banques américaines, le recul atteint 28%, selon Oddo Securities.
En Europe, BNP Paribas et Deutsche Bank, les deux grandes maisons de taux de la zone euro, accusent un repli de respectivement 23 % et 29%. La première va supprimer 41 postes dans le fixed income à Paris (lire ci-dessous) ; la seconde s’était déjà séparée de 75 collaborateurs à New York et Londres, en février.
Pour le moment, il reste difficile de quantifier l’ampleur des coupes, récentes ou en cours, à l’échelle de l’industrie. En pleine restructuration, Credit Suisse a remercié 80 personnes à Londres la semaine dernière, selon Bloomberg. Barclays, Citi ou encore Nomura sont aussi en train de réduire la voilure. Fin 2015, Morgan Stanley a marqué les esprits en sacrifiant 470 postes dans le fixed income, faute de perspectives pour cette activité.
Prises en étau entre l’inflation des coûts et contraintes réglementaires, et l’attrition des volumes d’activité, les BFI ont déjà réduit de manière drastique leurs équipes. Les front office de taux, change et matières premières totalisaient l’an dernier 18.800 équivalents temps plein, selon le cabinet londonien Coalition. C’est 4% de moins qu’en 2014 et 32% de moins qu’en 2010. Les divisions dédiées aux marchés actions et à la banque d’investissement (conseil et financement), n’ont pas connu un phénomène d’aussi grande ampleur.
Les revenus du fixed income ont en effet chuté de 35% depuis 2010, à 69.900 milliards de dollars l’an dernier selon Coalition. Premiers touchés, le crédit et la titrisation ont même vu leurs volumes divisés par deux en cinq ans, avec tout de même des variations fortes d’une année sur l’autre. Mais les économies de coûts et d’effectifs n’ont visiblement pas réussi à restaurer les marges opérationnelles, passées de 38% à 33% en cinq ans.
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