Les banques systémiques tirent encore grandement parti de leur statut
Les grandes banques profitent des subventions de l’Etat», a lancé hier le Fonds monétaire international au sujet des subventions implicites dont bénéficieraient à travers le monde les établissements d’importance systémique ou «too big to fail». Ce thème occupe un chapitre entier du Rapport sur la stabilité financière dans le monde dont la publication complète est attendue la semaine prochaine.
Dans ce chapitre, l’un des deux dévoilés dès hier, le FMI estime que les banques «trop importantes pour faire faillite» tirent parti de ce statut, qui implique un immanquable sauvetage par les deniers publics en cas de déroute, particulièrement en empruntant à des taux inférieurs ou en ayant la possibilité de prendre des risques plus importants. Ces subventions «implicites» ne sont ainsi pas des sommes versées directement par la puissance publique mais des gains engrangés par les banques protégées en quelque sorte de par leur position, les créanciers et interlocuteurs sur les marchés étant rassurés par le scénario d’un sauvetage public si les choses devaient mal tourner.
Ces subventions pourraient ainsi avoir représenté en 2012 jusqu’à 300 milliards d’euros au sein de la zone euro, 110 milliards tant au Japon qu’au Royaume-Uni et 70 milliards aux Etats-Unis. Et si le soutien présumé ou assumé des Etats soulage les plus grands établissements, il fausse également le jeu de la libre concurrence en affaiblissant mécaniquement la position des banques de moindre importance.
Le FMI souligne tout de même que les données prises en compte pour ces calculs (credit default swaps ou notation crédit) datent de 2012 et reconnaît que les réformes menées depuis l’avènement de la crise financière ont contribué à réduire les subventions implicites, grâce notamment au renforcement des fonds propres réglementaires. Il en est ainsi en Europe, où le récent accord sur la résolution bancaire, bien qu’encore incomplet, doit contraindre les actionnaires et les créanciers à prendre leurs pertes en cas de faillite bancaire à hauteur de 8% des fonds propres au minimum avant que la charge ne soit absorbée par d’autres.
Mais le FMI assure que les gouvernements ont encore un long chemin à parcourir pour «protéger les contribuables, assurer l’égalité des chances et promouvoir la stabilité financière». Pour autant, la suppression totale des subventions implicites ne semble ni réalisable ni même souhaitable.
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