Les banques se trouvent en position de faiblesse pour céder des actifs
Confrontées aux exigences de fonds propres et de liquidités des régulateurs internationaux, les banques, en particulier européennes, ont fait de la réduction de leurs bilans (deleveraging) l’une de leurs priorités pour l’année en cours. Or, celle-ci passe essentiellement par les cessions d’actifs. Mais le laps de temps réduit durant lequel ce processus se déroule provoque un afflux qui complique la tâche des vendeurs.
Les établissements doivent en effet atteindre le seuil de 9% de fonds propres durs core tier one à la fin du mois de juin 2012 selon les critères de Bâle 2.5, en attendant l’application de la règle des 9% imposée par Bâle 3 selon des critères encore plus restrictifs, à compter de 2013.
«Les banques réduisent la taille de leurs bilans de 2.000 milliards de dollars, un montant jamais vu. Les vendeurs se retrouvent dès lors sous pression. Ce phénomène nuit à l’effort de deleveraging», rappelait hier Eric Richard, responsable du secteur financier européen chez Credit Suisse, lors de la troisième édition du Future of Banking Summit à Paris. Ce d’autant plus que la cession d’actifs est restée pour les banques le seul moyen d’arriver à leurs fins, lever des fonds sur le marché se révélant un exercice périlleux.
Les transactions restent cela dit possibles et le marché n’est pas fermé, note Eric Richard. Ce dernier cite par exemple l’acquisition récente par Credit Suisse d’un portefeuille de créances immobilières résidentielles titrisées (RMBS) auprès de la Réserve fédérale (qui l’avait elle-même acheté en 2009 à l’assureur américain AIG, au bord de la faillite). Mais la décote est élevée: selon les rumeurs, la banque aurait déboursé un peu plus de 3 milliards de dollars pour ces actifs d’une valeur nominale de 7 milliards. En position de force, les candidats ne se pressent pas ou négocient de belles décotes – une tendance que confirment d’autres banquiers.
Les vendeurs bénéficient tout de même de la détente récente des marchés, visible depuis la décision de la BCE fin décembre d’alimenter le marché interbancaire à trois ans. «Aucun des investisseurs que j’ai rencontrés en septembre ne souhaitait se positionner sur le secteur bancaire européen. En décembre, beaucoup d’entre eux s’interrogeaient sur la manière d’y revenir», indique Eric Richard. Pour autant, estime-t-il, les banques ne devraient pas compter sur les appels au marché et relâcher leurs efforts de deleveraging.
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