Les banques grecques sont vouées à la nationalisation
Alors que la plupart des banques européennes comptent sur leurs bénéfices et, le cas échéant, la prise en compte de titres hybrides pour combler leurs déficits de fonds propres, les établissements grecs se préparent à l’idée d’une nationalisation.
Selon les calculs de l’autorité bancaire européenne (EBA), ils doivent trouver quelque 30 milliards d’euros. Cette estimation ne fait que reprendre le montant arrêté dans le plan d’aide international du pays. Selon certains analystes, les besoins réels seraient voisins, à 28 milliards d’euros.
National Bank of Greece en requiert à elle seule 7,8 milliards d’euros. EFG Eurobank et Alpha Bank, qui vont fusionner, cumulent 8,6 milliards d’euros de déficit en capital. Selon l’EBA, ces montants peuvent théoriquement encore varier grâce à la prise en compte de certaines catégories d’actifs dans le calcul des fonds propres. Mais les Grecs ont peu de marge de manœuvre.
«Leur solvabilité est tendue depuis longtemps, ce qui signifie que la plupart des cessions d’actifs ont été étudiées, indique la recherche actions de Credit Suisse. Les augmentations de capital sont improbables en raison de valorisations insuffisantes. En outre, l’actif au bilan étant principalement composé de créances non structurées, le deleveraging ne pourrait passer que par une gestion en extinction des prêts. Une solution inacceptable car nuisible à l’économie.»
Reste l’Etat. Le premier ministre Georges Papandréou a admis jeudi que certains établissements seraient partiellement nationalisés. Les six premières banques capitalisent ensemble 3,6 milliards d’euros, soit le quart de leur valeur comptable, mais leurs titres ont progressé jeudi et vendredi.
La situation est différente à Chypre. Bank of Cyprus, dont le besoin se chiffre à 1,47 milliard, possède 887 millions d’euros en titres convertibles dits «CECS» et déclare pouvoir mettre suffisamment de résultat en réserve. Sa rivale Marfin doit trouver 2,1 milliards d’euros. Mais elle peut utiliser une offre d’échange sur 738 millions d’euros de convertibles et un crédit d’impôt différé de 165 millions. La réduction de son bilan lui apporterait 600 millions d’euros de fonds propres.
Cela dit, l’île n’est pas immunisée contre les malheurs de son voisin. Ainsi, S&P a abaissé jeudi d’un cran sa note (à BBB), en raison de l’importance de l’exposition de son système bancaire à la dette grecque, et a maintenu sa perspective négative.
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