Les banques françaises sont attendues sur la gestion de leur bilan

Au-delà des éléments non récurrents de 2011, le marché espère affiner ses prévisions sur la rentabilité structurelle des activités à l’avenir
Antoine Landrot
Le siège de la BNP bd des Italiens. Photo: Xavier Popy/REA
Le siège de la BNP bd des Italiens. Photo: Xavier Popy/REA  - 

A l’instar de leurs homologues européennes, le marché anticipe de faibles résultats pour les banques françaises, qui ouvrent le bal mercredi avec BNP Paribas. Baudouin Prot, le président de la banque de la rue d’Antin, avait déjà prévenu début janvier que l’établissement enregistrerait une baisse marquée en 2011, malgré un quatrième trimestre globalement positif. Au troisième trimestre, le bénéfice net du groupe a chuté de 71% en un an. Du côté de Crédit Agricole, l’on sait également que sa structure cotée CASA affichera une perte en 2011.

Mais ce sont les plans de réduction du bilan (deleveraging) qui retiennent l’attention. «Nous espérons obtenir des détails sur les modalités de mise en œuvre des plans de deleveraging, explique Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Capital Markets. Ce dernier attend la confirmation de la part de CASA que l’intégralité des coûts de restructuration sera bien passée en 2011. «Qu’en est-il des autres banques? J’attends un point sur les charges qu’il leur reste à passer pour 2012», ajoute-t-il.

Parmi les autres éléments exceptionnels, les cessions d’actifs financiers entreront également en ligne de compte. «Les dirigeants ont évoqué des décotes limitées, comprises entre 3% et 5%. Là encore, cela reste à confirmer», indique Pierre Flabbée. De manière générale, les banques devront montrer que les économies de coûts seront supérieures aux pertes de revenus engendrées par la réduction de leur bilan, donc de leur activité, dans certains métiers.

Dans ce registre, les pôles de banque de financement et d’investissement (BFI) en subiront une grande part des conséquences: BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole, comme Natixis (la filiale de BPCE) ont tous annoncé qu’ils réduiraient la voilure dans les activités consommatrices de dollars (financement aéronautique, maritime, export…). En outre, les BFI ont subi la volatilité des marchés au deuxième semestre, comme le montrent les résultats des banques européennes ayant déjà publié leurs comptes. «Les BFI françaises se distinguent de leurs homologues européennes par leur capacité à ajuster leur base de coûts. Il sera intéressant de voir si elles ont conservé cette flexibilité», ajoute un professionnel.

L’impact du deleveraging devra être également précisé dans les autres métiers des groupes bancaires, comme le crédit à la consommation et les services financiers spécialisés.

Parmi les autres éléments exceptionnels où les éclaircissements seront attendus, le niveau de dépréciation appliqué à la dette souveraine grecque. «En prenant en compte une dépréciation anticipée de 80%, BNP Paribas devrait passer une charge d’environ 800 millions d’euros avant impôt et la Société Générale de 250 millions. En prenant en compte les activités d’assurance vie, CASA pourrait avoir à passer une dépréciation comprise entre 300 et 400 millions», estime un analyste.

Cela dit, les analystes devraient être tout particulièrement attentifs aux éléments prospectifs que voudront bien communiquer les banques. D’autant plus que leurs équipes dirigeantes ont pour certaines été largement remaniées: Jean-Laurent Bonnafé présentera pour la première fois les comptes de BNP Paribas au titre de directeur général, tandis que la Société Générale a nommé Didier Valet, son ancien directeur financier, patron de la BFI en décembre dernier. «Le marché ne fonde pas sa vision des banques à l’aune du quatrième trimestre, insiste un analyste. Il attend une vision pour 2012, dégagée des éléments non récurrents. Il veut trouver l’horizon dégagé des problèmes de 2011 pour enfin valoriser les établissements à partir de leur rentabilité récurrente».

Sur ce plan, on observe des signes de rebond. «Le mois de janvier a été un très bon mois pour les activités de BFI», remarque un professionnel. En outre, l’évolution du coût du risque et de la croissance des revenus au quatrième trimestre de la banque de détail et de la banque commerciale, ainsi que les prévisions pour l’année en cours permettront de jauger de l’ampleur d’un ralentissement économique et des menaces qui pèsent sur les établissements.

«A la suite des annonces de décembre et février relatives au LTRO, le risque de défaut et de contagion au sein de l’eurozone est nettement réduit. Cependant, la volatilité des titres des banques françaises pourrait augmenter avant l'élection présidentielle, étant donné les positions hostiles au secteur financer prises par l’opposition. Appliqué intégralement, son programme pourrait réduire les bénéfices de BNP Paribas de 7%», estime Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW.

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