Les banques françaises réduisent la voilure sur leurs prêts à l'étranger
Net coup d’arrêt à la croissance des créances internationales des banques. Selon les chiffres publiés hier dans le rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques déclarantes ont réduit leurs prêts à l'étranger de 2,5% au quatrième trimestre de l’année dernière, soit 799 milliards de dollars (642,9 milliards d’euros).
Une chute qui provient essentiellement d’une réduction des prêts interbancaires de 637 milliards de dollars. Les créances transfrontières sur les banques sises dans la zone euro ont diminué de 364 milliards, soit 57% de la baisse totale des créances interbancaires sur le trimestre. Un record depuis le quatrième trimestre 2008, faisant suite à l’effondrement de Lehman Brothers. Les créances au secteur non bancaire ont reculé de manière plus marginale à hauteur de 162 milliards.
Les prêts transfrontaliers des établissements espagnols, allemands et italiens ont aussi baissé respectivement de 35 milliards (-5,3%), 181 milliards (-4,7%), et de 32 milliards de dollars (-3,5%). Et les banques françaises sont en tête du mouvement. Elles ont en effet réduit leurs créances transfrontalières de quelque 197 milliards de dollars, soit une chute de 5,3% au cours du quatrième trimestre sur une baisse totale de la part des établissements de la zone euro de 4,7%, soit 584 milliards. Pour les établissements français, «cette diminution, essentiellement due à une contraction des positions en euro, constitue, après celle de 7,1% au trimestre précédent, la baisse la plus marquée depuis au moins 12 ans», précise le rapport.
Même si cette baisse résulte principalement d’une réduction de l’endettement des banques ayant leur siège dans la zone euro, cette tendance était mondiale, précise la BRI.
A contrario, crise de la dette souveraine oblige, les banques déclarantes à la BRI ont également réduit leurs créances transfrontières vers la zone euro. Les établissements en Allemagne et en France ont vu leurs prêts réduits de respectivement de 104 milliards, soit une baisse de 8,7%, et de 55 milliards, représentant une baisse de 4,2%. Les prêts aux établissements italiens ont été réduits de 9,8%, soit 57 milliards et ceux aux banques espagnoles de 8,7%, soit 46 milliards. Ils se sont également fortement contractés pour les banques en Grèce, en Irlande et au Portugal.
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