Les banques européennes ont massivement reclassé leurs actifs financiers à risque
Alors qu’a été adopté en octobre 2008 un amendement à IAS 39 permettant un reclassement de certains actifs financiers difficiles à valoriser, les banques y ont eu massivement recours. Sur un panel de douze établissements européens, onze ont procédé à ce type d’opération, selon une étude du groupe de conseil et d’audit Mazars. « Près de 110 milliards d’euros ont été sortis de la catégorie trading –dont 6,8 milliards transférés dans des actifs disponibles à la vente (AFS), 104,4 milliards dans des prêts et 0,1 milliard dans des actifs détenus jusqu’à échéance (HTM)– et près de 190 milliards d’euros de la catégorie AFS (transférés dans la catégorie prêts) », relève l’étude.
« Si ces reclassements n’avaient pas été réalisés, les variations de valeurs sur les actifs classés en trading par les banques de notre échantillon auraient eu un impact négatif de plus de 10 milliards d’euros et pour les actifs classés en AFS, la variation négative aurait été de 3,5 milliards d’euros », ajoute Mazars.
Deux établissements, Commerzbank et Dexia, expliquent l’essentiel des 190 milliards d’euros de reclassement d’AFS vers prêts, les reclassements dans la catégorie trading étant répartis entre l’ensemble des banques.
Par ailleurs, selon l’étude, l’information communiquée par les banques à fin 2008 a été renforcée avec notamment un focus sur les expositions sensibles souvent en liaison avec les recommandations du Forum de Stabilité Financière et la mise en avant des mesures prises en matière de gestion des risques. Cependant, « les établissements donnent toujours assez peu d’informations qualitatives précises sur la détermination de la juste valeur et sur le recours au jugement du management », déplore Mazars.
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