Les banques étrangères se plient aux règles américaines
BNP Paribas USA Inc. va voir le jour aujourd’hui. Cette intermediate holding company (IHC) chapeaute désormais les filiales américaines de banque de détail (BankWest), de banque de financement et d’investissement et de gestion d’actifs du groupe français, mais pas la succursale locale où sont logés les prêts aux entreprises et la trésorerie.
Décidée en 2012, cette exigence de la Federal Reserve s’applique dès aujourd’hui à 14 banques étrangères disposant de plus de 50 milliards de dollars (45 milliards d’euros) d’actifs aux Etats-Unis. Parmi elles figurent la Société Générale (qui n’a pas répondu à L’Agefi), mais aussi Deutsche Bank, Barclays ou Credit Suisse.
«Notre holding de tête se doit de respecter des standards prudentiels similaires aux grandes banques américaines en terme de capital et de liquidité, explique Jean-Yves Fillion, directeur général de BNP Paribas Inc. et jusqu'à présent responsable de la BFI en Amérique du Nord. Nous avons essayé de ne pas dupliquer les structures en mettant à profit les ressources internes de nos filiales. Nous avons cependant renforcé nos structures de contrôle, de gouvernance et investi de façon significative dans notre infrastructure informatique et de données pour satisfaire les nouvelles exigences».
Jusqu'à plusieurs centaines de millions de dollars pour la mise aux normes
Les IHC devront en effet participer aux tests de résistance annuels de la Fed sur le capital (CCAR). BankWest était d’ailleurs soumise pour la première fois aux stress tests rendus publics mercredi (lire ci-dessous).
Le chantier de mise aux normes a coûté à chaque banque concernée plusieurs dizaines à centaines de millions de dollars. Chez BNP Paribas, d’après son document de référence, il a conduit à une hausse de 5% des frais de gestion de BankWest en 2015, soit environ 70 millions d’euros. Cela s’ajoute aux efforts massifs entrepris, depuis l’amende record du groupe aux Etats-Unis en 2014, pour renforcer les équipes et les procédures de contrôle et de gestion des risques.
Malgré les nouvelles barrières à l’entrée, «BNP Paribas bénéficie d’un modèle diversifié et bien capitalisé adapté à cette réglementation renforcée, alors que certaines banques étrangères se contractent ou se retirent», estime Jean-Yves Fillion. Les Etats-Unis pesaient l’an dernier 10% des revenus et bénéfices imposables du groupe et 8,6% des effectifs, avec 15.500 équivalents temps plein. La cotation de la filiale First Hawaiian Bank va réduire le poids de ces activités, sans éliminer la nécessité d’une IHC.
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