La Fed dévoile ses exigences renforcées pour les filiales des banques étrangères
Les régulateurs américains veulent que les banques étrangères qui ont des filiales sur leur sol renforcent leur liquidité et soient soumises aux mêmes exigences en capital que leurs consœurs américaines. La Réserve fédérale américaine, qui avait dévoilé une partie de ses projets fin novembre, a soumis à consultation une proposition en ce sens vendredi.
Selon les membres la banque centrale, l’enjeu est de limiter les risques que peuvent faire courir les banques étrangères à la stabilité du système financier aux Etats-Unis. Ils souhaitent par exemple faciliter la résolution d’une filiale de banque étrangère si cela s’avérait nécessaire. Les banquiers centraux soulignent aussi que les filiales de banques étrangères, ont, au cours de la crise, été obligées de recourir aux dispositifs de soutien de la Fed lorsque leurs sources de financement en dollars se sont asséchées. Elles ont également été contraintes de vendre leurs actifs américains, au détriment de l’offre de crédit, notamment outre-Atlantique.
Dans le détail, les banques étrangères qui auront des actifs supérieurs à 50 milliards de dollars au total, dont 10 milliards de dollars ou plus dans leur filiale aux Etats-Unis devront placer ces dernières dans le giron d’une holding (intermediate holding company ou HIC). Ces holdings seront soumises aux mêmes exigences que leurs homologues américaines (dites bank holding companies) en termes d’exigence en capital. Les plus grosses d’entre elles (50 milliards de dollars d’actifs ou plus) seront aussi assujetties au contrôle de leur capital par la Fed (qui suppose entre autres des stress tests réguliers). Elles devront aussi respecter des standards de liquidité renforcés, avec des stress tests et un coussin d’actifs liquides à trente jours. Selon le gouverneur Daniel K. Tarullo, 23 banques étrangères sont concernées.
D’après le gouverneur de la Fed, Jeremy C. Stein, «la proposition ne désavantagera pas les banques étrangères par rapport aux autres banques domestiques, elle cherche plutôt à établir des règles du jeu équivalentes pour toutes». Une fois que la consultation sur ces règles sera terminée (fin mars 2013) et que ces règles seront définitivement adoptées, les banques étrangères auront un peu de temps pour s’accommoder à ce nouveau régime.
Les exigences ne s’appliqueront aux banques étrangères qui ont au total 50 milliards de dollars d’actifs ou plus en juillet 2014, qu’à partir de juillet 2015.
Plus d'articles du même thème
-
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
L'ONU s'apprête à renouveler son contrat avec Palantir malgré les alertes d'un audit interne
Le Programme alimentaire mondial finalise un nouvel accord de cinq ans avec l’entreprise américaine Palantir. Un audit interne de 2025 avait pourtant relevé des lacunes dans la gestion des risques et de sérieuses inquiétudes concernant la protection des données -
Affaire Lyhanna : l'audit recense des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs « perdues » dans toute la France
Des procédures introuvables, des milliers de dossiers non signalés aux parquets et des enquêteurs débordés ou insuffisamment formés : un état des lieux réalisé après la mort de Lyhanna révèle de graves défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs -
Ruptures« La France à +4 degrés, c’est la plaine du Maroc »
Marc-André Selosse, biologiste et professeur au Museum d'histoire naturelle, explique comment la sécheresse, et plus largement le changement climatique, affecte la biodiversité et le risque que la raréfaction de ressources naturelles fait peser sur nos sociétés