Les banques étrangères continuent à prendre leurs profits en Chine
A défaut de gagner des parts de marché en Chine, les banques étrangères encaissent les plus-values de leurs investissements passés. Goldman Sachs est la dernière en date à en profiter. Le groupe américain a levé cette semaine l’équivalent d’un milliard de dollars en cédant 1,35 milliard d’actions ICBC à Hong Kong avec une décote de 3,1% sur le cours coté de la banque chinoise. Il profite ainsi du redressement boursier d’Industrial and Commercial Bank of China, qui a retrouvé en janvier ses niveaux de mars 2012.
Goldman Sachs, qui détenait 5% du capital d’ICBC avant l’opération, a cédé une participation d’environ 1,5%. Elle n’en est pas à son coup d’essai: depuis juin 2009, la banque s’est allégée à cinq reprises, la précédente datant d’avril 2012 avec la cession à Temasek d’un bloc de 2,5 milliards de dollars. Au total, la firme de Wall Street a déjà engrangé près de 8,8 milliards de dollars sur un investissement réalisé en 2006 pour un montant qui atteignait à l’époque 2,58 milliards, en direct ou à travers les fonds de sa gestion actions.
Entre 2001 et 2009, des groupes étrangers tels que Temasek, Citigroup ou Bank of America ont misé plus de 33 milliards de dollars dans le système bancaire chinois en participations minoritaires, selon un pointage de Bloomberg établi à partir des statistiques du régulateur local, la CRBC. Ils en auraient déjà retiré 24 milliards, bien plus que les profits engrangés avec leurs activités locales ces dix dernières années, et en garderaient presque autant en réserve. Du côté des banques françaises, seule BNP Paribas détient une participation significative de 15% dans un prêteur local, Bank of Nanjing. Le groupe n’est cependant pas vendeur et souhaite au contraire accroître son poids jusqu’à 20% du capital.
Les grandes banques d’investissement ne détaillent pas la part de leurs profits qu’elles réalisent en Chine et à Hong Kong. En revanche, les statistiques des banques étrangères ayant des filiales de plein exercice, des succursales et des agences, témoignent de la difficulté à percer sur ce marché. Entre 2004 et 2010, le nombre de leurs implantations a doublé, à 360, et leurs actifs ont triplé, mais leur part de marché est restée parfaitement stable, à 1,85%, selon la CRBC.
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