Les banques et les régulateurs américains à la rescousse de First Republic
La banque régionale américaine First Republic Bank a gagné du temps avec le soutien des grandes banques américaines mais son action repartait à la baisse vendredi dans les échanges hors séance à Wall Street. Après avoir clôturé en hausse de 10% jeudi, l’action de la banque californienne rechutait de 26% vendredi, après avoir annoncé une suspension de dividende.
First Republic a reçu jeudi un soutien financier inhabituel de onze grandes banques sous la forme de dépôts non assurés totalisant 30 milliards de dollars (28,3 milliards d’euros). Ce sauvetage aurait été orchestré en début de semaine par le président de JPMorgan Jamie Dimon, la secrétaire au Trésor Janet Yellen et le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, selon Reuters.
Dimanche dernier, la banque avait déclaré avoir renforcé et diversifié ses liquidités et disposer de 70 milliards de dollars grâce aux facilités offertes par la Fed et par JPMorgan.
A lire aussi : SVB : les enjeux derrière la chute
La banque a également indiqué qu’elle disposait d’une position de trésorerie d’environ 34 milliards de dollars, sans compter les 30 milliards de dollars injectés, et qu’elle avait emprunté jusqu'à 109 milliards de dollars auprès de la Fed entre le 10 et le 15 mars et 10 milliards supplémentaires auprès de la Federal Home Loan Bank le 9 mars.
D’après des données publiées jeudi par la Fed, les banques américaines lui ont emprunté le montant record de 152,85 milliards de dollars ces derniers jours, augmentant ainsi la taille du bilan de la banque centrale après des mois de contraction.
Nervosité des investisseurs
Le baisse du titre First Republic en avant-Bourse souligne aussi l’ampleur de la nervosité des investisseurs, malgré les tentatives des autorités américaines et européennes pour rétablir durablement la confiance. Pour de nombreux observateurs, les montants en jeu, bien que plus importants en absolu qu’en 2008 restent inférieurs rapportés aux dépôts, et seraient insuffisants compte tenu de l’ampleur de la crise.
Fondée en 1985 et basée à San Francisco, First Republic est la 14e banque américaine par la taille de ses actifs qui s’élevaient à 212 milliards de dollars à fin 2022, pour des dépôts totalisant 176,4 milliards de dollars. Elle fournit des services de banque privée pour les particuliers et les entreprises et de gestion de fortune.
First Republic a été cédée en 2009 par Bank of America à des investisseurs. Elle avait été acquise début 2009, dans le cadre de la reprise de Merrill Lynch. Au 30 septembre 2008 elle représentait 19 milliards de dollars d’actifs, 16 milliards en dépôts et 15 milliards d’actifs en gestion de fortune. Elle est entrée en Bourse en 2010.
Depuis l’annonce des difficultés de SVB la semaine passée, l’action First Republic a chuté de 70%, à 34,20 dollars, et de 85% depuis son plus haus de près de 220 dollars fin 2021. Elle revient proche de son cours d’introduction à 25,50 dollars.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
La banque issue de Dexia et détenue par l’Etat belge a annoncé l’acquisition du spécialiste de l’assurance en ligne. Selon des informations de presse, plusieurs acteurs s’intéresseraient aux 20% du capital de Belfius mis en vente par le gouvernement, dont la banque verte. -
Barclays veut grandir chez les enfants et ados avec GoHenry
La banque met la main sur la clientèle britannique de la fintech qui avait déjà changé de mains il y a trois ans juste après s'être rapprochée du français Pixpay. -
La BCE ne déstabilise pas les taux de crédits immobiliers à court terme
Sans surprise, la BCE a augmenté de 0,25% ses taux directeurs. Une hausse qui devrait n'avoir qu'un effet minime sur les taux de crédit immobilier appliqués par les banques françaises.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Question 12Revenus : quelles décisions prendre après 50 ans ?
Quand on franchit le cap des 50 ans, la gestion de patrimoine change. Il faut anticiper la transmission sans risquer de s'appauvrir au moment de la retraite tout en finançant une éventuelle dépendance -
Guerre au Moyen-Orient : malgré l’espoir d’un accord, les Etats-Unis affirment avoir abattu des drones iraniens
Les Etats-Unis disent avoir abattu, samedi 13 juin, plusieurs drones iraniens visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Cet incident survient alors que Washington, Téhéran et le Pakistan affichent leur optimisme sur un possible accord de paix -
La Fabrique de l'OpinionGeorges-Louis Bouchez : « L'expérience belge démontre que le libéralisme peut gagner en France, avec les classes populaires »
Georges-Louis Bouchez : « Le MR a gagné les élections grâce à un vote populaire. Le parti auquel nous avons pris le plus d'électeurs, c'est le Parti socialiste ! Puis le Parti écologiste et le Parti communiste. Les bastions dans lesquels le MR a le plus progressé, ce sont les fiefs ouvriers »