Les banques espagnoles tirent leur épingle du jeu
Pour les banques espagnoles, les indicateurs sont au vert. A l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre, les grands établissements du pays – à l’exception d’Unicaja - ont dégagé des résultats supérieurs aux attentes des analystes et aux résultats du premier trimestre 2021. Ainsi le numéro un Santander a dégagé des bénéfices de 2,543 milliards d’euros (+58% sur un an) tandis que le numéro deux BBVA, publiait des bénéfices de 1,65 milliard d’euros (+36,4% sur un an), «le bénéfice récurrent le plus élevé» de l’histoire de BBVA, selon le groupe, conséquence à la fois de l’amélioration de sa rentabilité et de la hausse de ses marges d’intérêt.
Au total, les six grandes banques espagnoles cotées en bourse ont enregistré un bénéfice net de 5,328 milliards d’euros au premier trimestre, en baisse de 32% par rapport aux bénéfices de la même période de l’année précédente, dopés par la fusion entre CaixaBank et Bankia. Si l’on exclut cet impact extraordinaire, le bénéfice combiné de Santander, BBVA, CaixaBank, Sabadell, Unicaja et Bankinter a progressé de 45% au premier trimestre 2022 comparé à la même période l’année précédente (selon la source EuropaPress).
Provisions
En dépit de ces bonnes performances, certains établissements ont passé des provisions pour se prémunir à la fois contre les effets de la guerre en Ukraine et les conséquences d’un affaiblissement de la croissance économique. C’est notamment le cas de BBVA, qui a constitué des provisions à hauteur de 200 millions d’euros, dont 97 millions ont été imputés au compte de résultat de ses activités espagnoles (BBVA Espagne). De son côté, CaixaBank a mis de côté 214 millions pour se protéger du conflit en Ukraine et a légèrement réduit la provision extraordinaire relative au Covid-19.
Fin 2021, l’exposition des banques espagnoles à la Russie, à l’Ukraine ainsi qu’à la Biélorussie s'élevait à 767 millions d’euros, soit seulement 0,9% de l’ensemble de l’exposition bancaire à ces trois pays dans l’ensemble de l’Union européenne, selon des chiffres de l’Autorité bancaire européenne (l’EBA, pour European Banking Authority).
Deux groupes distincts
En matière de rentabilité, les établissements espagnols se divisent en deux grands ensembles : d’un côté, Santander (14,2 %), BBVA (15,9 %) et Bankinter (12,4%) dont le RoTE (retour sur fonds propres tangibles) couvre le coût du capital. De l’autre, Sabadell (6,5 %), Caixabank (7,6 %) et Unicaja (3,8 %) dont ce n’est pas le cas.
Certains établissements ont aussi clairement tiré parti de leur diversification géographique : Santander, BBVA et Sabadell ont ainsi bénéficié des hausses de taux d’intérêt intervenues ces derniers mois dans plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Mexique, et au Royaume-Uni. Les autres banques domestiques, à l’exception de Bankinter, ont souffert.
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