Les banques espagnoles rêvent de se débarrasser de leurs actifs toxiques
Après l’Allemagne, l’Irlande, et plus récemment la Belgique avec Dexia, c’est au tour de l’Espagne d’envisager la création d’une «bad bank» afin d’exfiltrer les actifs toxiques et ainsi assainir le bilan des banques. Une récente étude de la Fondation BBVA prévoit en effet pour ce secteur des pertes nettes estimées à plus de 60 milliards d’euros, en raison d’un renforcement de leurs provisions. Au centre du problème: leurs actifs immobiliers. Les créances douteuses des banques plombent les bilans, la chute constante des prix de l’immobilier, estimée à 17,7% par la Fondation BBVA au troisième trimestre, diminue la valeur du stock de logements difficiles à écouler en ces temps de crise. «Avec la baisse de la valeur de ces actifs, les provisions des banques ne sont pas suffisantes pour couvrir leurs pertes, ce qui réduit ainsi leurs résultats», explique Francisco Lopez Berrocal, directeur de Cash Management à l’IE Business School.
Pour de nombreux experts financiers, la solution serait la création d’une «bad bank», «permettant d’isoler ces créances problématiques pour les transférer à une banque publique», explique Enrique Perez Hernandez, professeur d’économie de l’Institut d’Etudes Boursières de Madrid. «Le moment est venu en Espagne de créer une «mauvaise banque” avec le soutien de fonds publics», a lancé Jaume Gardiola, PDG de Banco Sabadell, lors d’une conférence organisée fin octobre à Barcelone. Selon lui, après l’important processus de concentration et consolidation du secteur bancaire, la création d’une «bad bank» serait la bonne solution pour les banques. Francisco Lopez Berrocal pense que pourrait se créer une «entité contrôlée par l’Etat où les banques pourraient transférer leurs actifs problématiques en échange de la dette publique». Selon lui, l’opération «ne devrait comporter aucun risque puisque l’Espagne n’est pas un pays fortement endetté».
A la différence de la «bad bank» créée par Bankia, résultat de l’union de sept caisses d’épargne, la «banque hôpital» demandée par le secteur serait donc «financée par l’Etat et donc par les contribuables», commente Enrique Perez-Hernández. Bankia avait en effet confié la gestion de ses actifs pourris à BFA (Banco Financiero y de Ahorro). «Mais si un jour, BFA a un problème, c’est Bankia qui devra apporter le financement», remarque l’expert de l’IE Business School.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer