Les banques espagnoles rêvent de se débarrasser de leurs actifs toxiques

L’idée de créer une « bad bank » pour permettre aux entités financières de se défaire de leurs actifs problématiques fait son chemin en Espagne
Isabelle Birambaux, à Madrid

Après l’Allemagne, l’Irlande, et plus récemment la Belgique avec Dexia, c’est au tour de l’Espagne d’envisager la création d’une «bad bank» afin d’exfiltrer les actifs toxiques et ainsi assainir le bilan des banques. Une récente étude de la Fondation BBVA prévoit en effet pour ce secteur des pertes nettes estimées à plus de 60 milliards d’euros, en raison d’un renforcement de leurs provisions. Au centre du problème: leurs actifs immobiliers. Les créances douteuses des banques plombent les bilans, la chute constante des prix de l’immobilier, estimée à 17,7% par la Fondation BBVA au troisième trimestre, diminue la valeur du stock de logements difficiles à écouler en ces temps de crise. «Avec la baisse de la valeur de ces actifs, les provisions des banques ne sont pas suffisantes pour couvrir leurs pertes, ce qui réduit ainsi leurs résultats», explique Francisco Lopez Berrocal, directeur de Cash Management à l’IE Business School.

Pour de nombreux experts financiers, la solution serait la création d’une «bad bank», «permettant d’isoler ces créances problématiques pour les transférer à une banque publique», explique Enrique Perez Hernandez, professeur d’économie de l’Institut d’Etudes Boursières de Madrid. «Le moment est venu en Espagne de créer une «mauvaise banque” avec le soutien de fonds publics», a lancé Jaume Gardiola, PDG de Banco Sabadell, lors d’une conférence organisée fin octobre à Barcelone. Selon lui, après l’important processus de concentration et consolidation du secteur bancaire, la création d’une «bad bank» serait la bonne solution pour les banques. Francisco Lopez Berrocal pense que pourrait se créer une «entité contrôlée par l’Etat où les banques pourraient transférer leurs actifs problématiques en échange de la dette publique». Selon lui, l’opération «ne devrait comporter aucun risque puisque l’Espagne n’est pas un pays fortement endetté».

A la différence de la «bad bank» créée par Bankia, résultat de l’union de sept caisses d’épargne, la «banque hôpital» demandée par le secteur serait donc «financée par l’Etat et donc par les contribuables», commente Enrique Perez-Hernández. Bankia avait en effet confié la gestion de ses actifs pourris à BFA (Banco Financiero y de Ahorro). «Mais si un jour, BFA a un problème, c’est Bankia qui devra apporter le financement», remarque l’expert de l’IE Business School.

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