Les banques d’investissement américaines manquent de visibilité
Les provisions et la distribution de crédits ont dominé les commentaires relatifs aux résultats des établissements américains au premier trimestre. Ces sujets ont relégué dans l’ombre les métiers de financement et d’investissement.
Principales sources de revenus et de bénéfices ces dernières années (hormis pendant la crise), les activités de trading et, dans une moindre mesure, l’investissement pour compte propre, ont affiché des performances ambiguës au premier trimestre.
Les dirigeants ont insisté sur leur forte croissance par rapport à une fin d’année 2010 difficile. Ce redressement a permis aux établissements d’afficher des comptes meilleurs que ne l’anticipaient les analystes. Chez Goldman Sachs, les revenus réalisés sur les marchés de taux, changes et matières premières (FICC) ont été ainsi multipliés par 2,6 à plus de 4,3 milliards entre fin 2010 et début 2011. JPMorgan affiche, elle, une croissance de 65% sur le trading actions et FICC (à 6,6 milliards).
Mais ces progressions masquent des baisses importantes par rapport au premier trimestre 2010 – à leur décharge, d’une teneur parfois exceptionnelle. Les revenus de trading de Goldman Sachs ont ainsi reculé de 22% en un an. Une tendance similaire constatée chez ses rivales (-34% pour Morgan Stanley et Bank of America par exemple). Seule JPMorgan se distingue en n’affichant qu’un recul de 4%.
Mais au-delà des évolutions passées, l’avenir n’apparaît pas reluisant pour les activités d’investissement. Si elles restent un générateur de revenus essentiel pour l’instant, certaines sont dans le collimateur du régulateur américain. L’investissement et le trading pour compte propre est le pôle ayant le plus progressé chez Goldman Sachs (de 36% et 37% respectivement d’un trimestre sur l’autre et sur 12 mois). Or, la règle Volcker, au sein de la future loi Dodd-Frank, prévoit de limiter fortement toute activité pour compte propre. Cette perspective explique par exemple le fait que BoA se soit tout récemment séparé de sa société de gestion de private equity BAML Capital Partners, qui gère 5 milliards de dollars.
Pour l’instant, aucun relais de croissance n’apparaît. Les commissions liées aux activités de conseil ont dans l’ensemble progressé sur un an (+24% pour BoA, +23% pour JPMorgan, +18% pour Morgan Stanley, mais -23% pour Goldman Sachs), mais celles-ci avaient à peine redémarré début 2010. Ces progressions ne sont donc pas significatives.
Plus d'articles du même thème
-
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable. -
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
L’Asie accélère sa transition pour sortir de la dépendance énergétique
La crise d’Ormuz a révélé l’étendue de la dépendance des pays asiatiques aux fournisseurs d’hydrocarbures du Golfe. Elle leur donne de nouveaux arguments pour accélérer leurs stratégies de diversification et d’autonomie, selon l’AIE.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Arroseur arroséMineurs en prison : Gérald Darmanin à son tour mis en cause pour son « incurie »
Malgré un amendement déposé in extremis, le garde des Sceaux doit assumer un vide juridique dangereux -
Tendance de fondComment le vieillissement de la population va (encore) déprimer la productivité
Le Conseil national de la productivité alerte sur la baisse de la productivité provoquée par l'augmentation du nombre de seniors dans la population active -
TribuneLe conseil d’administration, boussole du progrès – par Bertrand Boisselier
Dans un contexte d’incertitudes inédites, les conseils d’administration vacillent entre contrôle anxieux et horizons inexplorés, questionnant leur rôle face au progrès véritable et à l’avenir qu’ils choisissent de tracer