Les banques de Wall Street veulent plus de clarté dans les règles de financement
Craignant de se faire sanctionner par les autorités américaines, Wall Street leur demande de clarifier les nouvelles règles relatives au financement à effet de levier (leveraged loans). Depuis mars 2013, des règles plus strictes concernant l’octroi de prêts sont entrées en vigueur, afin de ralentir la surabondance de crédit aux Etats-Unis provoquée par la faiblesse des taux. Par exemple, tout prêt supérieur à 20 millions de dollars réparti entre au moins trois institutions supervisées ne doit désormais plus excéder six fois l’Ebitda de la société acquise. Les prêteurs doivent aussi s’assurer que l’emprunteur puisse ramener son endettement à un niveau soutenable dans un délai «raisonnable».
Mais les banques estiment que ces règles sont sujettes à interprétation et elles ne veulent pas risquer de sanctions, alors que les autorités avaient fait savoir à l’occasion du dernier exercice annuel d’examen des portefeuilles de prêts des banques –le Share National Credit (SNC)– que celles qui ne respecteraient pas les nouvelles directives seraient punies.
Selon Bloomberg, qui cite plusieurs sources proches des discussions, trois associations professionnelles (Loan Syndication & Trading Association, Commercial Finance Association et International Association of Credit Portfolio Managers), qui représentent de grandes institutions telles que JPMorgan ou Credit Suisse, vont prochainement demander par courrier des éclaircissements à la Réserve fédérale (Fed), à l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC, qui supervise les établissements américains d’envergure nationale), et à la FDIC (l’agence de garantie des dépôts), concernant le type de prêts que ces autorités estiment trop risqués.
«D’après ce que nous savons, les banques s’échinent à se conformer aux règles, mais nous savons aussi que certains éléments prêtent à confusion dans les définitions relatives au financement à effet de levier. C’est pourquoi les banques demandent à certaines associations professionnelles de demander davantage de clarté», ont confirmé à Bloomberg les responsables de la LSTA et de l’IACPM. Car les leveraged loans ne se limitent pas aux seuls LBO (acquisitions à effet de levier). Les banques se demandent notamment si les critères diffèrent en fonction des activités. Le multiple maximal d’Ebitda s’applique-t-il, par exemple, aux transactions immobilières, qui ont traditionnellement recours à des leviers de dette supérieurs aux LBO?
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