Les banques britanniques ont la pression pour muscler leur contrôle interne
Les banques britanniques ne doivent en rien relâcher leurs efforts visant à renforcer la qualité de leurs contrôles internes. Le CIIA (Chartered Institute of Internal Auditors), association nationale des auditeurs qui a publié en février un projet de nouveau code de conduite en la matière, a souligné hier la vigilance accrue du régulateur. L’association a mis en lumière que le montant des amendes infligées l’an passé pour défaut de contrôle interne par l’ex-FSA (Financial Services Authority), dont les missions sont confiées depuis le 1er avril à la FCA (Financial Conduct Authority), a été multiplié par 7,6, passant de 38,5 à 292,3 millions de livres (de 45,3 à 344,3 millions d’euros).
Il s’agit de sanctions pour manque de «vigilance raisonnable dans l’organisation et le contrôle des activités avec des systèmes adéquats de gestion du risque», selon la classification de l’autorité. Les amendes liées au contrôle interne ont représenté 66% des amendes distribuées par la FSA en 2012, contre 59% en 2011, relève le CIIA.
Certaines affaires ont fait grand bruit, particulièrement liées au scandale de manipulation du taux interbancaire Libor, Barclays ayant subi dans ce cadre une sanction de 60 millions de livres. UBS a par ailleurs été punie pour ne pas avoir pu détecter convenablement des transactions non autorisées par un trader sur fonds indiciels cotés, Kweku Adoboli.
Ces affaires ont montré selon Ian Peters, le directeur général du CIIA, à quel point des contrôles internes «faibles» pouvaient «facilement» laisser passer des comportements inappropriés voire «criminels». Et la toute jeune FCA a déjà sévi à deux reprises avec des amendes de 4,2 et 3,1 millions de livres à l’encontre d’EFG Private Bank et de JPMorgan. Alors que le risque majeur de réputation n’est pas quantifiable, le coût seul des sanctions du régulateur devient plus douloureux.
Ian Peters clame que le contrôle interne doit être «une priorité» des autorités, avec l’appui par exemple du nouveau code de conduite élaboré sous l’égide de l’association avec des représentants des banques, des assureurs, et de la Banque d’Angleterre. La publication de ce code est attendue d’ici à quelques semaines, probablement mi-juillet, selon le porte-parole du CIIA. Il en va de la confiance du public dans le système financier.
Plus d'articles du même thème
-
«Le portage constitue une source importante de performance sur le crédit»
Thomas Brulat Aulan, directeur de la gestion taux actifs listés chez Sienna -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCatastrophes naturelles : jouer collectif pour la prévention
Face au coût abyssal des canicules et des incendies estivaux, la France doit doper sa stratégie d'anticipation en s'inspirant du modèle public-privé des indemnisations -
Dilemme du prisonnierCensurer Lecornu en laissant Marine Le Pen sauver le budget : les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire