Les banques américaines se préparent à des résultats en forte baisse
Le silence de Goldman Sachs ne passe pas inaperçu. Alors que JPMorgan et Citi ont déjà préparé les esprits à une baisse marquée de leurs activités de trading dans leurs comptes trimestriels attendus cette semaine, la firme de Wall Street n’a livré aucune prévision. Avec Morgan Stanley, Goldman Sachs est la plus dépendante des fluctuations des marchés, faute d’amortisseur dans la banque de détail. Les analystes interrogés par Bloomberg s’attendent à voir son bénéfice net à fin mars chuter de 50% sur un an, à 1,38 milliard de dollars, et ses revenus de 29%, à 7,5 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros). L’activité de Morgan Stanley aurait reculé de 17%, et celle du groupe Citi, plus diversifié, de 11%.
Les trois autres banques universelles s’en sortent mieux et leurs revenus trimestriels devraient dépasser 20 milliards de dollars. Le consensus table sur une baisse limitée à 4% chez JPMorgan et BoA Merrill Lynch, et sur une progression de 0,5% chez Wells Fargo, la moins internationales.
Du fait de la volatilité des marchés actions, de l’environnement de taux bas et de la chute durable des cours des matières premières, le premier trimestre 2016 pourrait être le pire depuis début 2009 pour les grandes banques d’investissement mondiales telles que Goldman Sachs, Morgan Stanley et les européennes Deutsche Bank et UBS, estimaient début avril les analystes de RBC. Ces derniers tablent sur une baisse de revenus de 34% pour l’industrie, avec un recul de 45% en fixed income (produits de taux et change), de 22% dans le trading d’actions et de 31% pour les commissions de banque d’investissement (fusions-acquisitions et émissions primaires d’actions et de dette).
Dès fin février, JPMorgan avait évoqué un recul de 20% pour ses activités de sales and trading et de 25% dans la banque d’investissement. Citi lui avait emboîté le pas, début mars, en tablant sur une baisse de respectivement 15% et 25%. Certes, le niveau d’activité avait été particulièrement élevé au premier trimestre 2016, Goldman Sachs ayant même réalisé sa meilleure performance depuis 2007. Mais l’attentisme actuel porte un coup aux géants de Wall Street. Les premiers mois sont traditionnellement les plus actifs de l’année, investisseurs et entreprises en profitant pour ajuster leurs allocations et stratégies.
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