GMO met au point un ETF dédié aux infrastructures face à la forte croissance du secteur de l'électricité

Face à une demande électrique dopée par l’IA et les véhicules électriques, GMO lance un ETF pour capter la flambée des infrastructures alors que réseaux et fournisseurs débordent déjà.
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Mars 2024, lancement du Data Hub, la Digital Finance Platform de l'Union européenne  -  Photo AdobeStock
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  • Le gestionnaire d’investissement GMO lance un ETF géré activement et dédié aux infrastructures d'électricité.
  • Ce produit vise à capter la forte croissance d’un secteur dopé par l’IA et les véhicules électriques.
  • La demande mondiale d'électricité devrait ainsi progresser de 3,6 % par an sur la période 2026-2030.

GMO, gestionnaire d’investissement mondial reconnu pour ses stratégies de long terme axées sur la valorisation, annonce le lancement du GMO Power Infrastructure ETF (ticker : KWH).

Cet ETF géré activement est conçu pour détenir des entreprises que GMO estime bien positionnées pour bénéficier du développement mondial de la production d'électricité, du réseau et des infrastructures d'électrification.

Une demande d'électricité en forte accélération

Le lancement de KWH intervient alors que la demande mondiale d'électricité connaît une accélération inédite, portée par l’intelligence artificielle et les centres de données, les véhicules électriques, la hausse des usages industriels et le développement des marchés émergents.

Selon l’Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande électrique mondiale devrait croître à un rythme annuel moyen de 3,6 % sur la période 2026-2030, soutenue par la consommation croissante de l’industrie, des véhicules électriques, de la climatisation et des centres de données, avec une progression annuelle supérieure de 50 % en moyenne à celle observée sur la décennie précédente.

Signe de ce basculement structurel, la relation entre croissance électrique et croissance économique connaît un changement de paradigme : la consommation d'électricité devrait désormais croître plus vite que l'économie mondiale à l'échelle globale d’ici 2030.

Les centres de données illustrent particulièrement cette dynamique. Aux États-Unis, la consommation électrique des data centers est passée d’environ 58 TWh en 2014 à près de 176 TWh en 2023, soit 4,4 % de la consommation totale américaine, selon l’AIE.

Une analyse de Barclays Research de juin 2024 fondée sur les contrats d’approvisionnement prévisionnels des fournisseurs d'énergie anticipe une croissance annuelle de 14 % à 21 % jusqu’en 2030, ce qui porterait la demande des centres de données américains à près de 560 TWh, quasiment un triplement depuis 2023 et l'équivalent de 13 % de la demande nationale actuelle.

Cette accélération percute de plein fouet une chaîne d’approvisionnement déjà à la limite de ses capacités. Les délais de livraison des transformateurs électriques atteignent deux à quatre ans sur certains segments. Les carnets de commandes des principaux câbliers et fabricants de transformateurs européens sont saturés jusqu’en 2030 au minimum.

Un réseau électrique sous tension

Pour répondre à cette demande, d’importants investissements dans la production d'électricité doivent être réalisés, et les réseaux doivent être repensés et étendus, un chantier dont l’ampleur reste largement sous-estimée.

L’AIE souligne que plus de 2 500 gigawatts de projets, renouvelables, stockage et projets à forte charge comme les centres de données, restent aujourd’hui bloqués dans des files d’attente de raccordement au réseau à travers le monde, l’investissement dans les réseaux ayant structurellement pris du retard sur l’investissement dans les capacités de production.

Cette contrainte physique se double d’une contrainte de temps : bâtir de nouvelles lignes de transmission peut prendre plusieurs années dans les économies avancées, et les délais de livraison des équipements critiques, transformateurs, câbles, turbines à gaz, se sont considérablement allongés ces dernières années, retardant d’autant la mise en service de nouvelles capacités.

Ce qui distingue le cycle actuel des précédents est sa pluralité de moteurs. La décarbonation, l'électrification des usages industriels et résidentiels, le déploiement massif des véhicules électriques et désormais la demande IA convergent simultanément vers les mêmes équipements, transformateurs, câbles haute tension, sous-stations, systèmes de gestion de l'énergie, solutions de stockage.

Des perspectives de croissance

Les projections en circulation donnent la mesure du cycle en cours. Les cinq principaux hyperscalers devraient consacrer collectivement environ 750 milliards de dollars aux infrastructures d’IA cette année.

McKinsey évalue quant à lui entre 5.200 et 7.900 milliards de dollars le total des investissements mondiaux dans les infrastructures de centres de données liées à l’IA d’ici 2030, la capacité mondiale devant presque tripler sur la période.

D’après Fortune Business Insights, la taille du marché mondial des infrastructures d’IA distribuée était évaluée à 236,40 milliards de dollars en 2025. Le marché devrait passer de 274,17 milliards de dollars en 2026 à 819,93 milliards de dollars d’ici 2034, avec un taux de croissance annuel composé de 14,7 % au cours de la période de prévision.

Ce qui distingue le cycle actuel des précédents supercycles technologiques, c’est précisément son caractère transversal. C’est un déploiement coordonné d’infrastructures qui met simultanément sous tension des secteurs aussi éloignés que la métallurgie des transformateurs et la conception de puces avancées.

Des opportunités d’investissement

Ce goulot d'étranglement structurel, entre une demande qui s’accélère et une offre qui peine à suivre, crée, selon GMO, des opportunités pour les investisseurs dans une grande variété de secteurs comme la production d'électricité, équipementiers de réseau, opérateurs d’infrastructures, technologies de stockage et de flexibilité.

KWH visera des entreprises combinant à la fois des fondamentaux de qualité et des valorisations attractives, en s’appuyant sur l’expertise de l'équipe de gestion, qui pilote depuis 2011 environ quatre milliards de dollars de portefeuilles liés aux actifs réels.

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