Les assureurs se veulent optimistes pour leurs perspectives d’investissements
Les assureurs espèrent sortir de l’environnement de taux bas qui les a pénalisés ces dernières années. L’étude annuelle de Goldman Sachs AM (GSAM), réalisée il y six semaines auprès de 317 directeurs de l’investissement et financier d’assureurs représentant plus d’un tiers des actifs assuranciels à travers le monde, montre que s’ils redoutent encore le piège des taux bas, ils se montrent bien plus optimistes sur l’évolution de la situation économique. «Il y a un regain d’optimisme tangible, confirme Etienne Comon, responsable de l’assurance européenne chez GSAM. Le scénario privilégié est une remontée progressive des taux.»
Les variations d’une année sur l’autre ont été d’une ampleur inédite pour cette sixième édition. Le risque politique représente désormais le premier risque macroéconomique cité, devant la possibilité d’un ralentissement économique aux Etats-Unis et d’une volatilité importante sur les marchés. La crainte d’un atterrissage brusque de l’économie chinoise a quant à elle largement reculé, sans disparaître. De même, si seuls 7% voient dans la déflation un problème dans l’année qui vient, 16% citent ce risque parmi les plus importants auxquels ils font face, contre 25% pour l’inflation. Si l’optimisme est revenu, il se teinte ainsi d’une forte incertitude autour d’un scénario central favorable.
Pour ce qui est des opportunités d’investissements, les assureurs espèrent avoir gagné du temps, 35% d’entre eux estimant que le cycle de crédit est arrivé à maturité avec une détérioration de la qualité, contre 75% l’an dernier. «Une extension du cycle de crédit est perçue, ce qui leur laisse davantage de marges de manœuvre», explique Etienne Comon. Seuls 2% des assureurs s’attendent à ce que les spreads s’écartent significativement, 36% prédisant un écartement modéré.
Les priorités d’investissement se révèlent toutefois plus stables. «Une tendance se dégage depuis plusieurs années, avec une volonté de capter la prime d’illiquidité, observe Etienne Comon. Nous notons ainsi un fort appétit des assureurs français sur le private equity et la dette d’infrastructures, mais également sur les loans seniors et mezzazine.» Compte tenu de l’offre limitée dans la dette d’infrastructures, le crédit aux entreprises mid-market, entre 10 et 50 millions de dollars de capitalisation, est voué à bénéficier des investissements des assureurs, 32% indiquant qu’ils souhaitaient augmenter leur exposition.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe se dirige vers un deuxième semestre catastrophique sur le plan climatique
Les assureurs et réassureurs s’attendaient à un été très chaud mais pas carbonisé. Si paradoxalement les pertes assurées mondiales au premier semestre ont été moins importantes qu’attendu, elles masquent en réalité une hausse continue des risques climatiques. Le second semestre 2026 s’annonce déjà catastrophique en Europe. -
Berkshire Hathaway met un terme à l’augmentation continue de sa trésorerie
Le groupe cofondé par Warren Buffett a nettement accéléré le rythme de ses rachats d’actions et de ses investissements depuis le printemps dernier. -
Allianz reste solide sur ses appuis
Le rival d’Axa publie un bénéfice net part du groupe en baisse de 12,7% sur le deuxième trimestre 2026 à 2,6 milliards d’euros. Mais en données sous-jacentes, la croissance reste solide, ce qui permet au groupe bavarois de confirmer ses objectifs financiers 2026.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
Contenu de nos partenaires
-
RealpolitkLa Syrie négocie avec la Russie et poursuit son jeu d’équilibriste
En reprenant la main sur des infrastructures autrefois concédées à Moscou sans pour autant rompre avec l'ex-parrain du régime Assad, la Syrie d’Ahmed al-Charaa consolide sa doctrine de non-alignement. -
Effets en cascadeAgriculture française : le scénario du pire
La France souffrira longtemps cet été cataclysmique pour son agriculture. Les ravages ne vont pas toucher seulement les finances des agriculteurs et la pérennisation de leurs exploitations, mais toute l'économie française, durablement -
RéservesMédecins libéraux : l'inquiétude grandit sur l'avenir de leur retraite complémentaire
Un prochain décret pourrait réduire les ressources de la caisse autonome chargée des retraites complémentaires des praticiens