Les assureurs s’orientent vers les classes d’actifs moins liquides
Confrontés à la faiblesse des rendements de marché et à une plus forte concurrence, les assureurs modifient leurs stratégies de placement. L’étude annuelle de Goldman Sachs Asset Management (GSAM), menée auprès de 233 responsables des investissements et directeurs financiers à travers le monde, montre que ces derniers convoitent des actifs moins liquides, tels que la dette d’infrastructures, les actions non cotées ou les prêts hypothécaires commerciaux.
La volatilité des marchés de taux et d’actions cotées arrive en tête des risques macroéconomiques identifiés pour 2014: c’est le risque principal pour 19% des sondés et l’un des 3 principaux pour 61% d’entre eux. En 2013, elle arrivait en deuxième position, loin derrière les politiques monétaires accommodantes. En outre, «les assureurs identifient la déflation comme un risque à court terme et l’inflation comme un risque à 3-5 ans. De ce fait, ils considèrent qu’attendre que les conditions de marché s’améliorent en continuant à parier sur l’obligataire n’est pas une solution», explique Etienne Comon, responsable de l’assurance européenne chez GSAM.
Les priorités des directeurs des investissements ont totalement changé entre 2013 et 2014. L’année dernière, les classes d’actifs les plus convoitées étaient la dette bancaire (41% souhaitaient en augmenter l’allocation, taux net), l’immobilier (34%), les actions américaines (33%) et la dette d’entreprises européennes (26%). Cette année, le quatuor de tête est composé de la dette d’infrastructure (29%), le non coté (28%), la dette hypothécaire commerciale (26%) et l’immobilier en fonds propres (26%).
Les assureurs cherchent la prime d’illiquidité (35% veulent réduire la liquidité de leur portefeuille, 9% l’accroître). Car, si 48% des professionnels interrogés estiment que la faiblesse des rendements est le risque principal qui pèse sur leurs portefeuilles, l’absence de liquidité n’est citée que par 3% d’entre eux. Ils estiment donc avoir une marge de manœuvre en la matière.
En revanche, «accroître le risque n’implique pas la dégradation de la qualité de crédit», précise Etienne Comon. Si 35% des assureurs comptent augmenter le risque de leur portefeuille dans les 12 mois à venir, seuls 11% estiment que l’accroissement du rendement passe par une exposition plus importante aux actifs de dette à haut rendement.
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