Les assureurs européens pourront absorber une autre dépréciation sur la Grèce
La valeur de la dette grecque a continué à baisser depuis juin et ne vaut plus que 40% du pair. Les assureurs devront donc appliquer de nouvelles dépréciations dans les comptes du troisième trimestre. D’après Raymond James, le faible impact de la valeur restant à déprécier par rapport au fonds propres des assureurs, 0,5% en moyenne, rend la situation supportable. «Force est de constater que l’essentiel des pertes est déjà dans les comptes au 30 juin et que pour les grands majors tels qu’Allianz, Axa, Generali et Munich Re, les impacts à venir sont résiduels», indique le courtier.
Pour ces quatre groupes ainsi que CNP et Groupama, le courtier estime à 4,15 milliards d’euros bruts le montant des pertes restant à passer dans les comptes, et à 2,3 milliards dans les fonds propres (sur 136,6 milliards à fin juin). Mais en net, ces impacts respectifs atteindraient 1,7 milliard et 708 millions, sur la base d’une affectation de 50% à 60% des pertes aux actionnaires, le reste allant aux assurés. Raymond James nuance ce calcul pour CNP qui, s’il reprend massivement comme au deuxième trimestre des provisions pour participation aux bénéfices, verrait ses fonds propres amputés de 0,3% contre 2,3% dans l’hypothèse initiale.
En revanche, pour Groupama, l’impact résiduel d’une perte de 60% sur la dette grecque pourrait atteindre jusqu’à 8% des fonds propres. Concernant les effets sur le compte de résultat, «ils devraient être absorbés sans difficulté pour les assureurs cotés», estime le courtier. «En effet, la récente baisse des taux, et même la revalorisation de certaines dettes souveraines européennes périphériques […] constituent autant de marges de manœuvre pour gérer en amont les impacts directs de la crise grecque.»
Les fonds propres des assureurs seront davantage affectés par la baisse des marchés actions. Sur la base d’un repli de 25% des placements en actions, Raymond James évalue à 3,6% en moyenne l’impact négatif sur les fonds propres de douze grands assureurs européens. Contrairement au problème de la dette grecque, les sociétés les plus affectées sont Axa, Allianz et Munich Re, respectivement à hauteur de 4,1%, 4,4% et 4,9% de leurs fonds propres.
Avec un scénario plus noir de 65% de perte sur la Grèce et de 30% de baisse des marchés actions, Oddo estime pour sa part à 10,1% l’impact négatif sur les fonds propres de Allianz et de CNP, à 14,6% sur ceux de Generali contre seulement 4,9% pour Axa.
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