L’EBA passe au crible les plans de recapitalisation des banques

Hypothèses de résultats et de cessions d’actifs seront surveillées de près par le superviseur européen, qui se réunit aujourd’hui et demain
Alexandre Garabedian

L’heure du verdict approche pour les banques européennes. L’Autorité bancaire européenne (EBA) se réunit aujourd’hui et demain pour apprécier la validité des plans de recapitalisation qui lui ont été soumis le mois dernier. Début décembre, l’institution basée à Londres avait identifié chez 31 établissements un besoin cumulé en capital de 115 milliards d’euros, nécessaire à l’atteinte d’un ratio de solvabilité de 9% à fin juin 2012.

Pour couper court aux rumeurs, l’EBA a déclaré lundi que «l’immense majorité des mesures figurant dans ces plans» était conforme à ses recommandations. «Même s’il est trop tôt pour se prononcer sur la faisabilité de ces plans, l’EBA a été impressionnée par la volonté des banques de prendre des mesures appropriées», a ajouté le superviseur européen. Après les réunions de cette semaine, les collèges des superviseurs des 31 prêteurs concernés examineront à leur tour les projets proposés.

L’Autorité devra cependant faire preuve de circonspection dans certains cas. Parmi les solutions sur la table – mise en réserve des résultats, conversion de dette, cessions d’actifs, etc. –, certaines semblent optimistes. Monte dei Paschi, qui doit renforcer de 3,2 milliards d’euros ses fonds propres, espère trouver un milliard grâce à ses ventes d’actifs, montant qui paraît ambitieux vu l’état du marché. A l’inverse, pour éviter que les banques n’en viennent à brader leurs actifs d’ici au 30 juin, l’EBA pourrait donner son feu vert si elle considère simplement que le processus est déjà bien engagé ou qu’une évaluation indépendante a été faite.

Commerzbank, de son côté, pense trouver 5,3 milliards sans aide de l’Etat, mais a fondé son plan sur des projections de résultats plutôt optimistes. Des hypothèses que l’EBA devra là aussi questionner. La banque allemande n’a pas évoqué auprès du superviseur européen le sort de sa filiale de crédit immobilier, Eurohypo. Mais selon Reuters, elle envisagerait de liquider l’entité en reprenant à son bilan 25 à 30 milliards d’euros de crédits et en transférant le reste des actifs dans une structure de défaisance.

Enfin, l’EBA devrait rappeler aux banques que l’amélioration des ratios du secteur ne justifie pas une réduction massive des bilans. Un message que Mario Draghi, président de la BCE, qui rencontre plusieurs grands banquiers européens aujourd’hui, fera lui aussi passer.

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