L’EBA passe au crible les plans de recapitalisation des banques
L’heure du verdict approche pour les banques européennes. L’Autorité bancaire européenne (EBA) se réunit aujourd’hui et demain pour apprécier la validité des plans de recapitalisation qui lui ont été soumis le mois dernier. Début décembre, l’institution basée à Londres avait identifié chez 31 établissements un besoin cumulé en capital de 115 milliards d’euros, nécessaire à l’atteinte d’un ratio de solvabilité de 9% à fin juin 2012.
Pour couper court aux rumeurs, l’EBA a déclaré lundi que «l’immense majorité des mesures figurant dans ces plans» était conforme à ses recommandations. «Même s’il est trop tôt pour se prononcer sur la faisabilité de ces plans, l’EBA a été impressionnée par la volonté des banques de prendre des mesures appropriées», a ajouté le superviseur européen. Après les réunions de cette semaine, les collèges des superviseurs des 31 prêteurs concernés examineront à leur tour les projets proposés.
L’Autorité devra cependant faire preuve de circonspection dans certains cas. Parmi les solutions sur la table – mise en réserve des résultats, conversion de dette, cessions d’actifs, etc. –, certaines semblent optimistes. Monte dei Paschi, qui doit renforcer de 3,2 milliards d’euros ses fonds propres, espère trouver un milliard grâce à ses ventes d’actifs, montant qui paraît ambitieux vu l’état du marché. A l’inverse, pour éviter que les banques n’en viennent à brader leurs actifs d’ici au 30 juin, l’EBA pourrait donner son feu vert si elle considère simplement que le processus est déjà bien engagé ou qu’une évaluation indépendante a été faite.
Commerzbank, de son côté, pense trouver 5,3 milliards sans aide de l’Etat, mais a fondé son plan sur des projections de résultats plutôt optimistes. Des hypothèses que l’EBA devra là aussi questionner. La banque allemande n’a pas évoqué auprès du superviseur européen le sort de sa filiale de crédit immobilier, Eurohypo. Mais selon Reuters, elle envisagerait de liquider l’entité en reprenant à son bilan 25 à 30 milliards d’euros de crédits et en transférant le reste des actifs dans une structure de défaisance.
Enfin, l’EBA devrait rappeler aux banques que l’amélioration des ratios du secteur ne justifie pas une réduction massive des bilans. Un message que Mario Draghi, président de la BCE, qui rencontre plusieurs grands banquiers européens aujourd’hui, fera lui aussi passer.
Plus d'articles du même thème
-
EasyJet entrouvre la porte à Castlelake
Le fonds américain voit rejetée sa 4e offre, portée à 4,93 milliards de livres, sur le groupe de transport aérien. Mais il va pouvoir accéder à une partie des comptes. -
Les fonds de pension allemands soutiennent le projet de retraite par capitalisation
L'association allemande des fonds de pension appuie, mais de façon conditionnelle, la commission retraites gouvernementale qui veut généraliser la complémentaire professionnelle pour viser 70 % de remplacement net. -
La confiance des ménages se redresse en juin
L'indicateur synthétique de confiance des ménages est ressorti en France à 84 en juin, contre 82 en mai. En revanche, la remontée du chômage inquiète.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Contenu de nos partenaires
-
Marine Ferrari : « Face aux noyades, un changement de paradigme est nécessaire sur la natation »
Plus d'une quarantaine de personnes sont décédées par noyade depuis le début de la canicule. Zones de baignade, apprentissage de la natation, pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs... La ministre des Sports a répondu à l'Opinion -
EDITONaviguer dans un monde sans repères : jeunesse et progrès au cœur des Rencontres économiques 2026
Dans un contexte global plus incertain que jamais, Aix-en-Provence sera au coeur du débat économique et social pendant les trois jours de ses Rencontres économiques, qui ouvrent dans une semaine tout juste -
La dette publique de la France dépasse désormais les 3 500 milliards d’euros
La dette publique française a augmenté de plus de 75 milliards d’euros au 1er trimestre 2026, selon l’Insee. Elle atteint désormais les 117,5 % du PIB. Soit presque autant qu’après le Covid-19