Le Trésor britannique refuse à RBS le droit de laisser filer ses bonus
Sous la pression, RBS a renoncé à plafonner les bonus de ses banquiers à 200% du salaire fixe. Cette résolution, conforme aux nouvelles dispositions européennes de la directive «CRD4», ne sera pas soumise au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale du 25 juin. L’UKFI, l’organisme chargé de gérer les intérêts du Trésor britannique dans le secteur bancaire, a prévenu qu’il voterait contre «toute résolution» proposant ce fameux ratio de deux pour un.
Le gouvernement estime que RBS, détenue encore à 80% par le contribuable, n’a pas achevé sa restructuration et que de ce fait, «une hausse du plafond des bonus ne peut pas être justifiée». Le Trésor britannique admet que «tant qu’il [ce plafond] existe, nous ferons en sorte qu’il soit appliqué correctement». Le groupe devra donc s’en tenir au plafond minimum autorisé par la réglementation européenne sans consultation des actionnaires, à savoir un bonus égal à la rémunération fixe.
La banque a fait savoir en février qu’elle comptait verser 576 millions de livres de bonus au titre de 2013. Une annonce qui a suscité la controverse alors que l’établissement a essuyé l’an dernier une perte avant impôt de 8,2 milliards de livres. RBS soutient toutefois que l’enveloppe consacrée aux bonus s’inscrit en baisse de 15% comparé à 2012.
«Le conseil estime que la meilleure solution commerciale pour RBS est d’avoir une flexibilité des ratios de rémunération variable sur fixe, une mesure qui devient la norme du secteur. Cette décision [de l’UKFI] crée un risque commercial et prudentiel qu’il faudra tâcher de contenir», souligne la banque d’Edimbourg. RBS a déjà pris des mesures pour s’adapter au nouveau cadre. Le directeur général et le directeur financier sont privés de bonus annuels mais bénéficient d’un plan d’intéressement à long terme lié à la performance.
Jeudi, les actionnaires de Barclays avaient plébiscité cette flexibilité des bonus. D’autres établissements, tels que HSBC, UBS et Deutsche Bank, prévoient également de solliciter leurs actionnaires sur ce point. Et si RBS est touchée par une décision «purement politique», selon Mediobanca, Lloyds Banking Group a le champ libre. Le Trésor britannique, qui ne détient plus de minorité de blocage avec 24,9% du capital, devrait appuyer la résolution 21 sur la rémunération variable lors de l’assemblée générale du 15 mai.
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