Le traitement des créances douteuses reste un point noir des banques en Europe
Si le crédit aux particuliers a connu une très forte croissance jusqu’en 2007, l’éclatement de la crise financière a marqué un coup d’arrêt. Selon les données compilées par Olivier Wyman et de l’Efma (qui représente les acteurs de la finance de détail) dans leur dernière étude sur le marché du crédit aux particuliers en Europe, la croissance annuelle de la valeur des encours entre 2002-2007 et 2007-2012 a par exemple été divisée par deux en France (de 10% à 5,5%) et s’est effondrée au Royaume-Uni (de 10,5% à 0,8%). D’après l’étude, qui porte sur 21 pays européens, la croissance annuelle moyenne des encours en Europe devrait atteindre 1,4% au cours des cinq prochaines années – moins que le PIB.
Toutefois, ce ralentissement cache des disparités. Pour dégager des sous-groupes cohérents, l’étude croise le statut macro-économique de chaque pays (à partir de chiffres publics et de prévisions) avec l’évolution du ratio moyen de créances douteuses et litigieuses (CDL). Trois catégories ont été dégagées: les marchés «sous surveillance», les marchés «stagnants», mûrs mais dont l’économie assure une croissance minimale, et les marchés en croissance, en raison de leur relative bonne santé ou parce qu’ils sont émergents dans le marché du crédit.
Dix pays – dont la Grèce, l’Italie, la République tchèque et… la France – font partie de la catégorie la moins favorable. Si le niveau de CDL reste raisonnable dans les bilans des banques françaises, les perspectives économiques du pays sont jugées faibles.
Les rédacteurs notent qu’au sein des banques, «les fonctions de recouvrement sont démunies pour gérer les quantités massives de CDL. De même, elles n’ont pas l’approche leur permettant de recouvrir un maximum de créances tout en minimisant les coûts financiers comme de réputation». Ils suggèrent d’affiner une segmentation distinguant les clients détenteurs d’un seul produit – dont la résolution peut «s’industrialiser» – des multidétenteurs, au traitement plus personnalisé. En clair, les établissements devraient établir une stratégie de résolution par type de clients.
L’Efma recommande donc sans grande surprise d’investir dans les outils d’analyse et de gestion des CDL, des portefeuilles de crédits et de la souscription. Y compris sur les marchés en croissance, où les prêteurs doivent également se préparer à une dégradation de leur environnement.
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