Le scénario du démantèlement proposé par les propriétaires de WestLB
Cette fois l'édifice est ébranlé. Pour la première fois les propriétaires d’une banque publique allemande (Landesbank) se prononcent pour une réforme en profondeur d’un de leurs établissements. La réalisation de ce projet aboutira à démanteler la banque WestLB qui avait autrefois pour ambition de devenir un établissement d’envergure européenne, et de la transformer en faire un simple prestataire au service des caisses d’épargne régionales.
Désormais l’actuel numéro trois des Landesbanken devra se défaire de la plupart de ses activités de banque d’affaires, réduire de trois quarts ses actifs et se séparer de 4.000 de ses 5.000 salariés. Telle est en substance le projet que ses propriétaires, la Région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et les caisses d’épargne, viennent de soumettre au Commissaire européen à la concurrence Joaquin Almunia. Il avait demandé aux autorités allemandes de revoir leur copie initiale et de lui présenter un modèle d’entreprise viable pour cette banque qui a été la plus touchée par la crise financière de 2008.
Le plan prévoit de doter la nouvelle banque de 1,2 milliards d’euros de fonds propres, provenant exclusivement des caisses d’épargne, aux dépens de la Région qui n’en sera plus actionnaire. Baptisé «Verbundbank» le nouvel établissement ne comptera plus que 45 milliards d’euros d’actifs, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui. Cet accord, que la Commission devra avaliser d’ici à l’été, constitue un spectaculaire changement d’orientation, aussi bien pour la banque de Düsseldorf, que pour les autorités politiques. Car la plupart des autres Régions autonomes allemandes, également confrontées aux déficits à répétition de leurs banques, continuent de s’opposer à tout projet de consolidation.
Dans le cas de WestLB la Commission avait exigé un plan de restructuration après le versement durant la crise financière de 3,4 milliards d’euros de fonds publics afin de renflouer la banque, une aide indue selon Joaquin Almunia. Reste à savoir ce que deviendront les activités dont la banque devra se séparer, comme la division de financements de projets, la licence bancaire russe ou le pôle de produits dérivés. Il n’empêche que pour les propriétaires, les errements de WestLB continueront à peser lourd. La structure de défaisance où la banque a transféré 77,5 milliards d’euros d’actifs toxiques, devrait se solder à terme par une perte de sept milliards d’euros, dont quatre milliards seront à la charge de la Région, donc du contribuable.
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