Le rapport Vickers s’invite dans le débat politique français
C’est à l’invitation du Comité de vigilance et d’analyse économique, un groupement d’experts et de décideurs réunis autour de François Hollande, que Sir John Vickers s’est exprimé hier dans l’enceinte du Sénat. Tout en précisant ne pas vouloir «vendre» ses recommandations à d’autres pays, il a détaillé le sens de la démarche entreprise par la Commission bancaire indépendante (ICB) qu’il a présidée. John Vickers plaide fermement en faveur d’une réforme.
Le mécanisme de «ring-fencing» ou de contingement, autrement dit une filialisation des activités de détail, «réduira la probabilité d’une crise financière et améliorera la stabilité financière», a-t-il souligné. Dans ce cadre, certaines activités seront proscrites aux banques de dépôts : trading de dérivés, d’instruments de titrisation (ABS) ou crédit à des sociétés financières. Le coût de cette mesure pour le secteur est estimé outre-Manche dans une fourchette comprise entre 4 et 7 milliards de livres par an.
Pour John Vickers, la réforme est inéluctable. «Au cours de l'été, des voix se sont élevées pour dire que le secteur était trop fragile pour être réformé, que c'était le pire moment pour le faire. Nous rejetons cette idée», a-t-il souligné. «Une réduction du levier bancaire n’est pas dommageable à la croissance économique à moyen terme», a-t-il poursuivi. L’ICB espère que le Parlement britannique légiférera d’ici mai 2015 pour une finalisation de la réforme d’ici mai 2019, en parallèle avec les mesures du Comité de Bâle.
Le scénario du «ring-fencing» est-il envisageable pour le secteur bancaire français, présenté comme le champion du modèle de banque universelle ? Jean Peyrelevade, président de Leonardo & Co, invité à s’exprimer au côté de John Vickers, estime qu’il s’agit d’une «excellente idée comme une étape intermédiaire». A terme, il plaide pour «une séparation complète» entre activités de banque d’investissement et de détail, la tentation étant grande en cas de stress de «creuser des tunnels» au sein d’un même groupe pour capter la liquidité là où elle se trouve. Pour John Vickers, au regard de la législation européenne, il semble toutefois «difficile» de mettre en œuvre une séparation totale. Un écueil sur lequel n’achoppe pas le contingentement.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien