Le rapport Liikanen retient une définition large du trading
Relativement modéré dans ses recommandations, le rapport Liikanen sur la réforme structurelle des banques européennes n’a pas provoqué de réactions épidermiques. En outre, ce texte n’est que consultatif, ce que le commissaire au marché intérieur Michel Barnier a ouvertement rappelé mardi.
Le rapport établit un distinguo clair en fonction du poids du livre de trading (trading book) et des actifs disponibles à la vente (AFS) dans le bilan des banques. Il évoque deux seuils, mais seul le premier (15-25%) est défini. Il demande que les établissements concernés disposent d’un coussin supplémentaire de capital. Et si leur plan de résolution de crise n’était pas jugé crédible, alors seulement une séparation stricte des activités de trading serait imposée.
Dix banques européennes dépassent les 15%, selon leurs états financiers au deuxième trimestre 2012. RBS (58%), Deutsche Bank (51%), BNP Paribas (47%), Barclays (46%) et la Société Générale (45%) sont les plus concernées.
Toutefois, «prendre en compte le critère des AFS est surprenant, dans la mesure où il y a de fortes chances pour que le portefeuille d’actifs liquides d’une banque tombe sous cette catégorie, même s’ils ne sont pas échangés activement», souligne CreditSights.
Tandis que la plupart des banques françaises sont visées, la Fédération bancaire française (FBF) adopte un point de vue modéré. Elle se félicite que le rapport «reconnaisse l’efficacité du modèle de banque universelle au service des clients» et exclut la séparation absolue entre activités de détail et banques d’investissement.
En revanche, elle appelle à «éviter des mesures ayant pour conséquence une hausse disproportionnée des coûts, voire la disparition de certaines activités de marché utiles à l’économie». Notamment le market making, dans le collimateur de certains décideurs et régulateurs.
Or, «le market making est un service essentiel pour nos clients. Ne plus pouvoir en faire serait une catastrophe pour les banques universelles», confiait à L’Agefi un responsable, interrogé peu avant la publication du rapport.
«L’essentiel semble pour l’instant préservé du point de vue du modèle intégré à la française, estime un consultant. Le contenu du rapport est donc plutôt une bonne nouvelle, mais garde des zones non explicitées qui laissent des incertitudes sur les nouveaux équilibres économiques des banques de financement et d’investissement privées de métiers assez rémunérateurs, quoique à haut risques.»
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