Le Qatar élargit son appétit de croissance au secteur bancaire turc
Les malheurs de Dexia, engagée dans un processus de délestage de ses actifs, pourraient représenter une occasion de développement opportuniste pour le Qatar. La principale banque de l'émirat, Qatar National Bank (QNB), détenue à 50% par le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), a confirmé hier l’ouverture de négociations en vue d’une prise de contrôle de Denizbank, la filiale turque de l'établissement franco-belge. Ces discussions en cours en sont encore à un stade préliminaire et «leur succès dépend de la conformité des activités de Denizbank avec la stratégie d’expansion internationale de QNB, ainsi que d’un accord sur un prix reflétant la situation financière de Denizbank et le résultat de ses activités», a souligné QNB dans un communiqué.
Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, une offre éventuelle pourrait atteindre 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). QNB a travaillé sur le sujet avec des banques d’investissement mais pourrait également recourir à sa propre équipe de banquiers d’investissement. Dexia, de son côté, qui détient 99% du prêteur turc, a annoncé lundi avoir mandaté Merrill Lynch et White & Case pour l'épauler dans ce processus. Les avantages seraient manifestes pour QNB; l’opération lui permettrait d’investir un marché en forte croissance - le PIB de la Turquie a crû de 10,2% au premier semestre - où les licences bancaires sont difficiles à obtenir. «Un achat lui donnerait du volume et la région du Golfe adore la Turquie; pourtant, Denizbank serait un gros morceau pour elle», tempère toutefois un banquier cité par Reuters.
La banque qatarie pourrait par ailleurs affronter la concurrence d’autres acquéreurs potentiels. Le directeur général de la banque russe Sberbank a exprimé la semaine dernière son intérêt pour Denizbank sans toutefois annoncer l’ouverture de discussions en ce sens. D’autres noms circulent également : Intesa Sanpaolo, bien que son administrateur délégué Corrado Passera ait démenti tout projet pour Denizbank, le groupe turc Akbank ou bien encore HSBC. Portée par cette agitation autour d’un prochain changement de propriétaire, l’action Denizbank a grimpé de 12,7% hier à Istanbul. Depuis un mois, elle a gagné plus de 55%.
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