Le premier fonds obligataire dédié aux ETI voit le jour
Victoire pour les PME et ETI cotées! Attendu depuis de nombreux mois, le premier fonds commun de placement (FCP) obligataire dédié aux ETI va voir le jour dans les prochaines semaines.
Cette création, à l’initiative du conseil en restructuration Accola, d’Investeam, et de MiddleNext, répond à l’impérieuse nécessité des PME de sécuriser leur financement dans un contexte où le crédit bancaire devient rare et cher. Ecartant la mutualisation, qui implique un partage des risques et ne peut fonctionner en raison de la différence de qualité de crédit entre émetteurs, tout comme la titrisation, discréditée dans le passé, Accola et Investeam ont opté pour un FCP contractuel à horizon géré par Portzamparc Gestion.
Ce dernier a choisi la vingtaine de sociétés participant au fonds, et fixe avec elles le niveau de spread, après une première sélection réalisée par CM-CIC et Portzamparc Société de Bourse.
Ce fonds, baptisé «Micado France 2018», sera constitué de 80% d’obligations d’ETI cotées, et de 20% d’obligations «investment grade» de sociétés françaises qui permettront d’assurer la liquidité du FCP. Coté sur Alternext, il devrait atteindre une taille de 300 millions d’euros, soit un placement de 5 à 20 millions par émetteur. En effet, au préalable, chaque société émettra des obligations à taux fixe à 6 ans – avec un coupon différent pour chaque société – cotées sur Alternext, et entièrement souscrites par «Micado France 2018».
Ce fonds ne versera pas de coupon ; il sera capitalisé et permettra d’accroître la part d’obligations liquides, qui devrait passer de 20% au lancement à 40% au bout de six ans. Les initiateurs se sont refusés à dévoiler le rendement du fonds, qui pourrait s’inscrire dans une fourchette de 5 à 6%.
«Ce financement, non dilutif, est très recherché par les dirigeants», rappelle Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext. Elle souligne les efforts faits pour baisser de moitié les frais d’accès au marché obligataire, généralement de l’ordre de 400.000 euros pour une émission de 5 millions d’euros, notamment en choisissant Alternext. Pour sa part, Nyse Euronext n’a pas imposé de listing sponsor pour ces cotations obligataires.
Beaucoup d’émetteurs sont déjà partants pour une deuxième souche. Au regard de l’appétit des investisseurs pour ce véhicule de diversification, ce type d’émission pourrait voir le jour deux fois par an à l’avenir.
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