Le plan de sauvetage de Dexia suscite la controverse en Belgique

Selon la presse locale, le gouvernement souhaiterait en renégocier les termes, en particulier la garantie des émissions de dette de la banque
Antoine Landrot
Le siège de Dexia à Bruxelles. Photo: Jock Fistick/Bloomberg
Le siège de Dexia à Bruxelles. Photo: Jock Fistick/Bloomberg  - 

Le royaume de Belgique aurait-il l’impression de payer pour Paris? Alors qu’un collège d’experts vient de remettre partiellement en cause les conditions de la reprise de la banque Fortis par BNP Paribas (L’Agefi d’hier), la Belgique souhaiterait reprendre les négociations sur le sauvetage du groupe Dexia avec la France et la Commission européenne, selon le quotidien flamand De Standaard.

D’après l’accord franco-belgo-luxembourgeois validé par les parlements en octobre dernier, la Belgique endosse plus de 60% de la garantie publique de 90 milliards d’euros mise en place au bénéfice de la maison mère Dexia SA, dont le siège est à Bruxelles.

L’idée de renégociation est démentie par le ministre français des Finances François Baroin. «Cet accord est naturellement confirmé et nous sommes dans la dernière ligne droite de l’application du calendrier pour la confirmation de ces garanties. Il n’y a aucune remise en cause de cet accord», a-t-il déclaré hier lors d’une conférence de presse. Outre-Quiévrain, on est plus nuancé: «La Belgique n’a pas fait de demande de renégociation: les négociations ne sont pas terminées. Les quotes-parts sont fixées, mais je ne peux pas rentrer dans le détail des discussions», indique à L’Agefi un porte-parole du ministre des finances Didier Reynders. Les conseillers techniques contactés par L’Agefi observent quant à eux le silence.

Toujours est-il que nombre de Belges jugent injuste la proportion des garanties échue à leur pays, dans la mesure où ils s’estiment étrangers aux déboires du groupe, qu’ils imputent largement à l’aventurisme de la partie française. Dexia Banque Belgique (DBB), essentiellement une banque de détail, n’aurait pas pris part à la folie des grandeurs de l’établissement jusqu’à son sauvetage en 2008. «Les actifs illiquides ou à risques étaient logés dans toutes les entités; ils ont alimenté une importante partie du résultat net de DBB pendant des années, ainsi que les dividendes et les bonus des dirigeants et des administrateurs belges comme français», conteste un membre de l’équipe actuelle de Dexia SA.

Derrière la volonté de «rééquilibrer» l’accord, la presse belge évoque aussi la crainte que les émissions garanties de Dexia ne viennent concurrencer celles de l’Etat, à l’heure où les rendements belges s’envolent.

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