Le Parlement européen veut un cadre clair pour les équivalences financières
Et voici que le dossier des équivalences financières - les autorisations accordées à des services financiers de pays tiers pour accéder au marché européen - revient sur la table. Cette fois-ci, c’est la commission des affaires économiques du Parlement européen qui adoptera mercredi 11 juillet une résolution (non contraignante) sur le sujet. Le texte qui sera présenté aux votes, et dont L’Agefi a obtenu copie, met clairement en avant les aspects politiques de cette procédure : même si elles sont fondées «sur des évaluations à caractère technique», les équivalences possèdent «une claire dimension politique», insiste le document.
Ces autorisations accordées à chaque pays peuvent en effet être attribuées ou retirées de façon très discrétionnaire par la Commission européenne. Cette dernière n’hésite pas à en faire si besoin un instrument de pression sur le pays visé. Cela a notamment été le cas avec la Bourse de Zurich - citée explicitement dans le document du Parlement - qui s’est vu accorder une équivalence limitée à un an en décembre dernier. Mais surtout, cela émerge déjà avec le Royaume-Uni, qui deviendra pays tiers à partir de 2019, et à qui Bruxelles a déjà fait comprendre que des équivalences ne pourront être accordées que si la City conserve un alignement réglementaire substantiel avec l’UE.
Conséquence, le projet de résolution parlementaire demande à la Commission de «fournir un cadre clair permettant une application transparente et cohérente des procédures d’équivalence» - qu’il s’agisse de leur attribution initiale, de leur revue, ou de leur suspension. En parallèle, les eurodéputés veulent aussi autoriser les autorités européennes de supervision financière (ESA) à superviser les équivalences déjà accordées - un transfert de compétence déjà évoqué dans la révision de ces institutions actuellement en cours.
Le projet de résolution ne va toutefois pas jusqu’à demander un acte législatif transversal, comme évoqué par le rapporteur du texte, le conservateur irlandais Bryan Hayes, dans son projet de résolution initial. Cette idée, qui revient régulièrement dans les débats bruxellois, permettrait d’aligner les différentes procédures d’équivalences, actuellement éparpillées entre les textes sectoriels. Elle a toutefois été rejetée par la Commission européenne en 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers. -
Les banques américaines ouvrent grand le robinet des dividendes
La Réserve fédérale américaine a publié mercredi les résultats des tests de résistance des 32 plus grandes banques du pays. Toutes ont réussi à passer ces tests, qui ont ouvert la voie aux annonces de hausse de dividende. -
Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Les Etats membres de l'Union européenne ont validé les trois nouvelles catégories qui remplaceront à terme les articles 6, 8 et 9 de la première version du règlement Sustainable Finance Disclosure Regulation.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Casse-tête« On est dans une machine infernale » : le budget 2027 dans la nasse préélectorale
Sans majorité claire, Sébastien Lecornu doit arbitrer entre un recours au 49.3, avec ou sans négociations préalables avec le PS, et une ordonnance controversée pour faire passer le dernier budget avant l'élection présidentielle -
VigieFace à la taxe Zucman, la riposte libérale s'organise
Deux études concluent que la taxe sur les hauts patrimoines présente des incohérences et fragiliserait le tissu économique, enrichissant le débat sur la fiscalité à l’aube de l’élection présidentielle -
Tribune libreMonsieur le Premier ministre, ne sacrifiez pas l’apprentissage !
Dans une lettre ouverte, plusieurs grands acteurs de l'apprentissage demandent à Sébastien Lecornu de revenir sur la réduction drastique des financements de ces formations