Bruxelles brandit l’arme de l’équivalence
Pas un document politique», juste «un exercice de bilan» : c’est ainsi qu’une porte-parole de la Commission européenne a présenté l’évaluation de sa politique en matière d’équivalence publiée lundi. Mais à l’heure où la nouvelle administration américaine annonce qu’elle compte revenir sur le Dodd-Frank Act et où le Royaume-Uni s’apprête à quitter l’Union européenne, ce document se lit aussi comme un avertissement.
L’équivalence est cruciale pour les contreparties européennes qui recourent aux services des chambres de compensation américaines pour satisfaire aux obligations du règlement Emir, la réglementation américaine et la supervision de la CFTC ayant été reconnues «équivalentes». Elle permet également par exemple aux réassureurs européens de fournir des services depuis les Bermudes.
Mardi, le vice-président de la Commission s’est fait plus explicite devant les députés européens. «Plus de sept ans après que l’Union ait lancé son agenda de réforme (de la régulation financière) et au moment où resurgit l’incertitude sur les conditions politiques permettant l’intégration financière en Europe et dans le monde, il est temps de nous pencher sur notre système et de considérer les implications sur celui-ci de ces circonstances nouvelles», a dit Valdis Dombrovskis.
Le document préparé par la direction générale des services financiers ne donne pas seulement un aperçu des 212 décisions prises à ce jour dans des domaines aussi divers que la régulation bancaire ou assurantielle, les infrastructures de marché, l’audit ou les agences de notation, au bénéfice de 32 juridictions dont le Japon et les Etats-Unis. Il souligne aussi la très large discrétion dont jouit la Commission. Les critères pris en compte couvrent trois grands domaines : les règles elles-mêmes, qui doivent être «juridiquement contraignantes», l’efficacité de l’application et de la supervision, et enfin les effets principalement en termes de stabilité financière.
«L’expérience» résultant des 212 décisions a été «dans l’ensemble largement satisfaisante», mais «certains domaines peuvent exiger une attention accrue» à l’avenir, précise le document. Et de rappeler que «la Commission a le droit d’adapter (sa politique en la matière), y compris en mettant fin à l’équivalence, à tout développement contraire (aux critères retenus) dans les juridictions dont les règles et la supervision avaient été considérées en ligne avec les exigences de l’équivalence européenne».
Plus d'articles du même thème
-
Carlo Comporti nommé à la tête de l’Autorité européenne des marchés
Carlo Comporti succèdera à Verena Ross à compter du 1er novembre. -
Le Conseil européen approuve le texte sur la supervision unifiée des marchés de capitaux
Le paquet réglementaire pour la supervision unifiée des marchés de capitaux franchit une étape importante, sous la présidence irlandaise qui s’est démenée pour faire avancer la procédure et espère voir cette dynamique aboutir à une adoption complète en 2027. -
L’AMF incite toujours plus les professionnels à procéder à des remédiations
Lors du colloque annuel de la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF), la place s’est penchée sur les outils de détection des manipulations de cours et sur les remédiations.
ETF à la Une
T. Rowe Price entre sur le marché européen des ETF actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
Net et sans bavurePrimaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann plébiscité mais après ?
Avec 66 % des votants, le leader de Place publique a surclassé Olivier Faure dès le premier tour. Mais à peine son investiture acquise, certains dans son camp se chargeront de dynamiter cette rampe de lancement -
EditorialAccord Trump-Poutine : LFI et le RN face à leurs ambiguïtés sur l’Ukraine
Sans le faire exprès, l'Américain s’est peut-être invité dans la campagne présidentielle car cet accord peut agir comme un piège pour quiconque cultiverait une quelconque ambivalence sur la Russie -
Crise de croissanceLe régime des micro-entrepreneurs, ce très onéreux dispositif
Les inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF) dressent un portrait sévère de ce régime fiscal simplifié