Le Parlement britannique entend bien aider le secteur bancaire à redorer son blason
Mise en œuvre en juillet 2012 dans le sillage de l’éclatement du scandale de manipulation du taux interbancaire Libor, la Commission parlementaire britannique a finalement publié cette nuit sa copie. Le titre même du rapport en souligne l’enjeu: «Changing banking for good». Il s’agit pour la Commission de parvenir à des changements en profondeur en mettant en avant des propositions destinées à modifier l’organisation du secteur pour prévenir des «pratiques choquantes répandues», comme le souligne le président de la Commission, Andrew Tyrie. Le travail de la Commission n’est certes en théorie que consultatif, mais le gouvernement devra s’expliquer formellement s’il devait décider de ne pas mettre en place certaines recommandations.
L’association des banquiers britanniques, la BBA, n’a pas tardé à réagir en saluant l’ambition du rapport. Son président Anthony Browne a estimé qu’«il s’agit du plus important rapport sur la banque depuis une génération. Des changements énormes ont déjà eu lieu depuis la crise financière, mais les banques doivent admettre qu’il faut faire davantage. Regagner la confiance est une priorité absolue: nous voulons que le secteur bancaire britannique rétablisse la norme du professionnalisme et de l’intégrité». Pour Andrew Tyrie, il ne s’agit nullement de taper sur les doigts de banquiers fautifs, mais de redonner du dynamisme au secteur et à l’économie d’une façon plus générale. Le Trésor britannique a d’ailleurs souligné que le document regorgeait de propositions susceptibles d’aider le gouvernement à donner naissance à un système bancaire plus fort et plus sain.
La Commission propose en particulier de renforcer la responsabilité personnelle des dirigeants de groupes bancaires, jusqu’aux éventuelles poursuites pénales. Les parts variables de rémunération devraient en outre pouvoir être étalées sur une durée de dix ans pour ces dirigeants, selon le rapport, afin de mieux faire correspondre les intérêts à long terme de chacun. Si le comportement des banques doit être revu, le rapport n’épargne pas un régulateur appelé à améliorer la qualité de sa supervision. Il doit pouvoir annuler les bonus en cas d’intervention publique auprès d’un établissement en difficultés.
Enfin, Andrew Tyrie souligne que la coordination internationale, bien que souhaitable, ne doit pas servir de prétexte pour retarder la réforme. «Nous devons avancer et faire ce qui est bon pour le Royaume-Uni», plaide le président de la Commission parlementaire.
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