Le paiement internet mobilise le Groupement Carte bancaire
Alors que les initiatives se multiplient pour développer des systèmes de paiement alternatifs, le Groupement Carte bancaire devrait annoncer d’ici au début du mois de décembre le lancement d’un service de paiement mobile et par internet, baptisé «I-CB». L’information, dévoilée dans La Lettre de l’Expansion, a été confirmée à L’Agefi par une source interne.
Le groupement, dont le conseil d’administration est composé de représentants des banques françaises, regroupe 136 établissements. Mais la plupart des plus grandes banques ont déjà lancé leurs propres systèmes, avec des variantes (Kwixo pour le Crédit Agricole, Pay2you pour Crédit Mutuel Arkéa, etc.).
Pourtant, le groupement a reçu suffisamment de marques d’intérêt pour se permettre d’annoncer le lancement d’un tel projet. «Le groupement représente 85% des paiements sur internet, il est légitime qu’il propose sa solution, explique un proche. Le développement du système sera payé par les membres utilisateurs, mais d’autres pourront s’y greffer par la suite.»
Ainsi, I-CB ne se pose pas en concurrent des systèmes des autres banques. En revanche, Paypal et ses homologues, qui profitent pleinement de l’ouverture du marché des moyens de paiement à travers le projet européen SEPA, sont clairement désignés comme l’ennemi à abattre. «Nous ne nous laisserons pas désintermédier par des acteurs non bancaires qui n’ont pas d’obligations de service public», tonne un banquier français ne participant pas pour l’instant à l’initiative du groupement.
De fait, les établissements français ne s’inquiètent pas d’I-CB. Si certains ont pris des initiatives solitaires, c’est notamment parce que la profession craint les autorités européennes de la concurrence, très actives sur les commissions interbancaires et aiguillonnées par les acteurs non bancaires, qui multiplient les recours.
«En réalité, toutes les banques ont plusieurs fers au feu», affirme le professionnel. Le foisonnement actuel provoquera nécessairement un écrémage. Les établissements se laissent le droit d’infléchir leur stratégie en fonction d’initiatives majeures, comme celles de EBA Clearing et son projet mybank, ou de Visa Europe. «Aucune banque ne pourra se permettre de refuser à ses clients commerçants d’installer sur sa plate-forme de e-paiement de tels systèmes, même s’ils sont concurrents», souligne le banquier.
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