Le niveau des commissions sur cartes bancaires suscite le débat
Les banques ont paré le coup, mais ce n’est que partie remise. L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement au projet de loi de Finances 2011 censé encadrer les commissions facturées aux commerçants à chaque fois qu’un consommateur paie par carte bancaire. Sous la pression du secteur financier, et avec le soutien de Bercy, le texte a été cependant largement édulcoré par rapport à la version initiale adoptée en commission des Finances.
Les députés UMP Richard Mallié, Bernard Debré et Françoise Branget, comptaient à l’origine supprimer les commissions sur tous les achats inférieurs à 50 euros, sous peine d’une amende équivalente à 1% du produit net bancaire. Pour les opérations de 50 à 200 euros, les frais facturés étaient plafonnés à 0,3%.
Mais le gouvernement a fait voter à la place deux sous-amendements plus généraux. «Les commissions interbancaires perçues au titre d’une opération de paiement par carte de paiement ne doivent pas s’éloigner de façon abusive des coûts réels supportés par le prestataire de service de paiement qui les facture», indique le texte. Les banques devront aussi fournir en début d’année au commerçant un récapitulatif des frais pratiqués.
Reste que le débat autour des commissions sur cartes bancaires ne cesse de monter en puissance. Les trois députés doivent rendre un rapport sur la question dans les prochaines semaines. Ils jugent que «les commissions facturées par les banques», qui correspondent à des services (garantie de paiement, traitement informatique, etc.) «sont très éloignées des coûts réels de fonctionnement du système». Ils en évaluent le montant à plus de 3 milliards par an, avec un taux oscillant de 0,4 % à 1,8 % de la transaction. Du côté des banques, on évoque une fourchette plus resserrée, de 0,5 % pour la grande distribution à 1% pour le petit commerce.
Le sujet devrait rebondir début 2011. L’Autorité de la concurrence doit statuer sur la plainte déposée par la grande distribution, qui conteste le calcul de la commission interbancaire versée à la banque du client par celle du commerçant, et répercutée sur ce dernier. Echaudées par l’amende de 384 millions qui leur a été infligée sur les chèques, et dont elles ont fait appel, les banques françaises cherchent un modus vivendi avec les distributeurs sur les cartes. Le mécanisme actuel pourrait donc être revu au bénéfice des commerçants.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace