Le marché de la dette senior non sécurisée reste dans l’expectative
Le marché de la dette bancaire senior non sécurisée a repris des couleurs vendredi. BBVA a placé pour 750 millions d’euros à un rendement de 250 points de base au-dessus des swaps. La dernière sortie sur ce marché d’une banque espagnole avait été réalisée par Santander en mai pour un milliard d’euros. Et sur les dernières semaines, ce sont surtout les meilleures signatures qui ont pu émettre des montants significatifs comme HSBC et Standard Chartered.
«C’est une très bonne nouvelle pour le marché, d’autant plus positive que l’opération vient d’une signature espagnole alors que beaucoup d’investisseurs continuent de se poser des questions sur ce secteur bancaire», commente Sébastien Domanico chez SG CIB. «On peut s’attendre à un retour de l’appétit pour le marché du senior non sécurisé dès que les investisseurs auront une plus grande visibilité sur les marchés», ajoute-t-il. D’autant que les banques ne peuvent pas seulement compter sur les obligations sécurisées et que celles-ci offrent une rentabilité moins attractive que la dette senior pour les investisseurs.
«Le spread est quand même relativement élevé, Deutsche Bank a émis à des taux bien inférieurs il y a quelques semaines pour une maturité comparable», nuance Elie Darwish, analyste crédit chez Natixis. Fin septembre, Deutsche Bank, qui avait émis 1,5 milliard d’euros d’obligations seniors à deux ans avec une marge de 98 points de base au-dessus de l’Euribor 3 mois. «Malgré les nouvelles mesures annoncées pour la Grèce et les banques la semaine dernière, le risque pays continue à jouer sur les émissions des banques», poursuit l’analyste.
D’autres éléments pourraient doucher les espoirs de rebond du marché. La banque a émis à 18 mois à taux fixe alors qu’en général des taux fixes ne sont proposés que pour les émissions à 3 ans minimum. «C’est une opération assez particulière. La grosse question que se pose le marché, c’est : ce format va-t-il pouvoir être répliqué ou est-ce une opération qui répondait à une demande très précise et très domestique ?», s’interroge Sébastien Domanico. Certains analystes font aussi remarquer que les banques chefs de file sont américaines, Citigroup et Goldman, ce qui est plutôt inattendu pour une émission européenne et laisserait penser qu’elle aurait été calibrée pour elles. Celles-ci n’ont pas fait de commentaire.
{"title":"","image":"77602»,"legend":"emissions credit»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre