Le financement de marché reste le talon d’Achille des banques françaises
Bien qu’amélioré l’an dernier, le profil de financement et de liquidité des principales banques françaises reste relativement plus fragile que celui de leurs grandes concurrentes internationales. Tel est le jugement de Moody’s, qui a scruté les bilans de BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE.
Si l’évolution du climat des marchés financiers est encourageante, le regain de confiance des investisseurs reste précaire, du fait d’incertitudes concernant les pays périphériques en zone euro. Or, le financement des grandes banques françaises dépend davantage que celui des concurrentes d’un marché de gros «sensible à la confiance» selon Moody’s. Les quatre groupes étudiés affichent à fin 2012 un financement de marché cumulé de quelque 1.200 milliards d’euros (un montant comparable à celui observé fin 2011). Soit 35% environ du passif liquide, autant que Credit Suisse mais davantage que Deutsche Bank (27%) ou Barclays (25%) par exemple. Qui plus est, le poids du financement à court terme (dont les fonds monétaires américains pour 133 milliards fin 2012) est supérieur pour les banques françaises.
Cette relative «dépendance» aux marchés provient notamment selon Moody’s de facteurs «structurels» appelés à perdurer, comme l’existence de portefeuilles de trading conséquents ou la pression exercée par le financement des dépôts, avec un ratio de crédits sur dépôts sur le panel français de 111% (BNP Paribas) à 134% (BPCE) fin 2012 (contre 117 à 143% fin 2011). Ces dépôts subissent une forte concurrence de placements hors bilan comme les livrets défiscalisés, l’assurance vie ou les OPCVM. Alors que les concurrentes étrangères ont davantage de marge de manœuvre avec fin 2012 un ratio voisin de 80% chez Credit Suisse ou de 60% chez Deutsche Bank.
Moody’s salue tout de même comme gage de sérénité le degré de refinancement modéré auprès de la BCE, représentant 2% des actifs pour les acteurs français en octobre dernier contre plus de 3% pour la moyenne en zone euro (de moins de 1% en Allemagne à 10% en Espagne et au Portugal).
Les banques françaises apparaissent également en position moins confortable sur le front de la liquidité, notamment du fait de coussins constitués pour une plus grande part par des actifs éligibles banques centrales moins liquides que du cash ou d’autres titres négociables.
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